Docteur en sociologie, Nicolas Jounin a enseigné pendant 7 ans à l’université Paris8 Vincennes-Saint-Denis. A travers Voyage de Classe nous allons pouvoir étudier l’approche des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtant sur les beaux quartiers, plus précisément le Triangle d’or, Monceau, Elysées-Madeleine.
Nous allons pouvoir interpréter comment des étudiants s’adaptent dans différentes situations. L’adaptation, l’approche et l’interprétation des étudiants vont varier tout le long de leur observation. Ils vont être confronté à de multiples situations.
Prenons celle au Parc Monceau. L’observation va se faire en trois temps :
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- L’observation : ils identifient les nourrices en constatant une différence physique entre l’enfant et la nourrice.
- L’analyse : comment sont-elles ? comment se comportent-elles ?
- La conclusion : elles sont différentes de la population habituelle du quartier.
Contrairement à l’observation des nourrisses, dans une deuxième situation, à l’ambassade d’Algérie, les policiers ont à travers leur métier et leurs fonctions, l’obligation d’observer en permanence. Les étudiants se font donc rapidement détecter et sont rapidement considérés comme des intrus. Nous constatons qu’a travers ces multiples situations au sein d’un quartier chic, l’apparence n’est pas vue de la même manière selon l’endroit où nous nous plaçons. Notre apparence est souvent jugée. Notre façon d’observer l’est aussi. Comme lorsqu’ils décident de rentrer dans une boutique de luxe ou encore au Plaza Athénée. Un contraste est ressenti. Une différence de milieu social, et de style vestimentaire. Ils sont comme montrés du doigt.
Les étudiants ont été pris à leur propre jeu. Dans certaines situations nous pouvons passer inaperçu, où le regard de l’autre n’est pas immédiatement préoccupant. Mais pour d’autres, l’observation est une partie intégrante de leur métier. Comme pour un policier devant une ambassade, un concierge devant un hôtel ou encore un portier devant une boutique de luxe. Nous allons appeler ça ici l’observateur observé. Mais une question se pose, est-ce qu’on pourrait être invisible en tant qu’observateur ?
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
alicefarrando (15 octobre 2020). L’observateur observé. Comment voit-on la ville ? Consulté le 16 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/v7ov
