Le marché de Clignancourt, appelé selon le site officiel du marché, sous le nom de « marché aux puces de Saint-Ouen », existe depuis 1885. Ce marché s’étend aujourd’hui sur environ 7 hectares et il regroupe plusieurs marchés qui sont spécialisés, il y a une partie antiquités, vintage, vêtements, vêtement de contrefaçon, basket, bijoux, et tout un tas d’autres choses. Le site a été classé en 2001 en tant que zone protégée du patrimoine urbain et paysager.

Plan du marché aux puces de Saint-Ouen, Novembre 2025, crédit photo : Ilona Di Carlo
En observant ce marché, j’ai aperçu que ce marché se présente sur plusieurs rues et allées étroites, qui sont bordées de petits magasins avec des commerçants, et des bâtiments anciens avec des façades parfois colorées, ou parfois plus neutres, où se combinent des briques en bois et du métal, parfois même des stores en métal. L’espace est organisé en différents secteurs, chacun a sa spécialité ou sa clientèle particulière. Les antiquaires sont installés sur de larges stands, et souvent des grandes boutiques ou l’on peut rentrer et visiter, les marchands de vêtements ou de textiles, ou ceux qui proposent toute sorte d’objet sont, souvent beaucoup plus petites et plus sobres. Mais j’ai quand même remarqué un points communs ces deux marchands different donne l’impression que leur marchandise est entassée, comme une impression de manque de place ce qui nous amène à ne pas voir tous les articles proposés tellement il y en a. A mon arrivée lors de la première visite j’ai été frappé par l’intensité de la circulation des visiteurs, le marché donnée une impression de trop plein comme si les ruelles étaient trop étroites pour que tout le monde puisse passée. Les allées sont partagées entre les piétons qui marchent lentement, car ils scrutent les étalages, et les piétons qui se déplacent rapidement, emportant leurs sacs et leurs achats. Puis j’ai également remarqué dans cette foules certains vendeurs qui se déplacent de stand à stand pour aller chercher du stock j’imagine chez d’autres marchands, j’ai effectivement demandé par la suite à un vendeur d’un stand de basket sneakers qui m’a confirmé cela, j’ai compris à la suite de cette échange la manière de fonctionner des vendeurs, ils ne sont pas vraiment « collègues » mais ils se connaissent parfois tous, mais cela peut arriver qu’ils ne se connaissent pas et ce vendeur m’a même dis que parfois ils travaillaient pour les mêmes grossistes, je le cite : ils savent donc que « rendre un servir peut servir pour plus tard ». Par exemple si le stand à coter à la paire de chaussure que le client veut alors il accepte de dépanner l’autres vendeur car cela lui permet d’écouler le stock pour éviter les saisies par la police avec trop d’articles et cela permet de ne pas perde de client, car selon lui un client satisfait revient. Ensuite parfois, le flux est interrompu par un chariot qui transporte des objets volumineux, ou par des commerçants qui sortent temporairement pour déplacer des marchandises ou réarranger leurs stands. On remarque immédiatement que chaque commerçant semble avoir trouvé sa manière d’occuper l’espace : certains installent des tables ou des présentoirs qui prennent une grande partie de l’allée, tandis que d’autres se tiennent plus près de leurs marchandises et l’a surveille attentivement ainsi que les visiteurs également, j’ai remarqué que les vendeurs prêtaient une attention particulière aux passants et dès qu’ils les voient s’approcher de leurs stands ils les interpellent directement sans parfois même leurs demandé ce qu’ils recherchent mais en leurs proposant directement des articles de leurs stands, j’ai constaté par exemple selon ma propre experience en étant une femme qu’on me proposer directement un sac à main sans savoir si j’étais venu pour des baskets par exemple. Ensuite l’air est traversé par un mélange d’odeurs très variées celles des kebabs qui tournent sur les broches, des barquettes de frites et des viandes grillées, parfois aussi des parfums que certains vendeurs vaporisent pour attirer l’œil ou pour tester un produit. En avançant dans les allées, ces odeurs se superposent et changent selon les stands, ce qui crée une ambiance qui évolue à chaque pas que l’on fait. Les sons aussi se mélangent car on entend les discussions entre les marchands, les interpellations des vendeurs aux visiteurs, le bruit des objets déplacés, et parfois le bruit d’un portant à roulettes qu’on tire d’un stand à l’autre, les discussions des passants. Par moments, il y a même une musique qui est mise sur une enceinte d’un stand, qui est different selon les allées. L’ensemble forme une atmosphère vivante et dense, avec des variations selon les zones du marché et le type de stand où l’on se trouve. On peut se demander : comment les marchands choisissent-ils cet emplacement précis pour installer leur stand ? Est-ce que c’est la proximité des allées principales ? ou alors la visibilité, ou la relation avec des voisins commerçants qui font ces choix ? Et je me demande aussi combien de temps ils passent réellement derrière leurs stands ? et au contraire à discuter et se déplacer dans le marché ? Ces questions semblent pourtant simples, mais elles me sont venues lors de la deuxième visite que j’ai faites qui était en pleine semaine, le marché était fermé. C’était donc plus flagrant, lorsque j’ai observé les différentes manières dont chaque commerçant occupait et animait son espace. Un aspect frappant du marché est la diversité des comportements des commerçants selon le type de marchandise vendue. Dans le secteur des antiquaires, il est courant de voir des tables installées avec des assiettes et un barbecue électrique, parfois un verre de vin rouge, pour un déjeuner improvisé. Certains discutent longuement entre eux, sans sembler se soucier de l’attention des clients à cet instant précis. Cela m’a interpelé car j’ai tous suite vue le coté décontracter du marché que l’on ne retrouve pas dans les magasins traditionnels ou tout est toujours formelle et rythmé par un tas de norme comme les horaires de pose imposé par exemple, cela ne sembler pas existé pour ces vendeurs des antiquaires. À côté, dans les allées où se trouvent des vêtements ou des objets plus courants, les commerçants adoptent souvent une posture plus vigilante, j’ai remarqué qu’ils regardaient régulièrement autour d’eux, ils ajustaient souvent leur étalage et interpellaient les passants rapidement. Cette différence invite à se questionner : quelles sont les conditions ou habitudes qui influencent ces comportements ? Est ce c’est une question de type de marchandise, d’ancienneté des vendeurs dans le marché ou peut être de clientèle ? J’ai pris le temps d’observer la situation d’un peu plus près et avec plus de précision, il est devenu très clair pour moi que certains agissements révélaient en fait une certaine forme de susceptibilité surtout lorsque ces individus étaient soumis à un regard extérieur ou à une situation où ils se sentaient manifestement gérés et encadrés comme lorsque j’ai commencé à penser certaines questions en sur leurs relations avec la polices, ou alors juste le simple fait de savoir si je pouvais leurs posé quelques questions un vendeurs m’a même dit : « on aime pas les médis ici ». Mais il est vrai que tous les vendeurs ne réagissent pas de la même manière car j’ai tout de même réussi à obtenir des réponses.
J’ai aussi eu l’impression que la police ou les agents de sécurité étaient rarement visibles à certains moments de la journée comme le matin, mais certains commerçants semblent agir comme s’ils étaient surveillés, ils ajustent leur posture, la manière dont ils présentent leurs objets, ou la rapidité avec laquelle ils interviennent auprès des clients et surtout lorsqu’ils réalisent les ventes que j’ai pu observer, la transaction entre le paiement et l’objet vendu se fait de manière très rapidement du peu de transaction que j’ai pu voir. D’un autre côté, les vendeurs des antiquaires au contraire, restent détendus et concentrés sur leurs propres rituels, comme partager un repas avec un collègue ou réarranger lentement leur espace. Cela pose des questions sur la perception de la surveillance : comment les commerçants construisent-ils leur vigilance ou leur décontraction face à une autorité invisible ? Le marché se transforme également au fil de la journée de ce que j’ai pu voir, le matin, certains étals sont encore en cours d’installation, les objets en désordre, les cartons sont empilés. Plus tard, le flux des visiteurs augmente, et l’attention des commerçants semble se modifier parfois certains partent de leurs stands quelques instants pour surement régler un problème logistique, et les autres vendeurs restent immobiles, en observant les visiteurs et toujours en ajustant subtilement la disposition de leurs objets. Un peu plus tard dans l’après-midi, certains stands se vident progressivement, ce qui donne l’impression de zones plus calmes, parfois propices à la discussion entre commerçants ou à des moments de repos c’est à ce moment-là que j’en ai profiter pour poser quelques questions. A la suite de l’observation de ces variations je me demande comment les vendeurs repartissent leur attention et leurs interactions selon l’heure ? Et il serait intéressant de regarder quels moments semblent favoriser la sociabilité ou au contraire la vigilance ? Je ne pourrais pas répondre à cette interrogation car j’ai observé des pics de vigilance à un peu près tous les moments de la journée aux différentes dates auxquelles j’y suis allé. Mais la seule remarque que je pourrais faire est que lorsque que le marché est vide est fermée c’est-à-dire en semaine, un petit nombre de commerçants sont ouvert et j’ai remarqué qu’à ce moment-là ils étaient particulièrement méfiant lorsqu’il y a moins de flux. Pour ma part j’ai senti qu’ils m’analyser beaucoup plus que l’autre jour où j’y suis allé et que le marché était ouvert et plein. Enfin, j’ai trouvé cela intéressant d’observer la manière dont les différents types de commerçants s’organisent dans l’espace du marché. Les antiquaires sont installés entre eux dans un coté du marché bien spécifique, les puces de Saint Ouen qui sont des marchés souvent couverts, ils sont situés plus loin. Les allées sont plus resserrées et les stands alignés presque comme de petites boutiques. Leur espace paraît plus stable, parfois même aménagé avec soin, ce qui crée une atmosphère différente. Sur la photo que j’ai prise ci-dessous, on y voit l’intérieur d’une boutique d’un antiquaire. Les objets semblent s’organiser comme dans une petite scène, avec un fauteuil ancien qui est placé au centre, et recouvert d’un manteau posé comme si quelqu’un venait de le déposer en passant. À ses pieds, une paire de chaussures est alignée, renforçant cette impression de présence. Autour, les murs sont entièrement recouverts de tableaux et de cadres de formats variés, tandis que des piles d’œuvres sont au sol. Il y une maquette de voilier sur un meuble avec un tas d’autres objets, autour comme des sculptures, et des lampes. L’ensemble forme un espace où chaque espace est occupé, ce qui donne l’impression que les objets racontent une quelque chose, comme si le décor avait été laissé dans un moment suspendu. Cette atmosphère peut être différente que de celle des zones plus ouvertes.

Boutique vintage, marché Saint-Ouen décembre 2025, crédit photo : Ilona Di Carlo
Lorsque je me suis rapproché des allées extérieures, l’ambiance a changé progressivement il y avait moins de bruit, les stands devenaient plus variés, les vendeurs moins nombreux et les flux de visiteurs moins denses je trouve. Les commerçants de ces secteurs s’adaptent au rythme du passage et s’occupe parfois avec une deuxième activité, je me souviens être rentré dans une boutique de ce côté antiquaire ou il y avait des pièces vintages de grandes marques ainsi que des anciens journaux de presse féminine qui était bien présenter et empiler et des fourrure vintage, la propriétaire du magazine était assise sur une chaise en plein magasin, en train de coudre, elle était concentré sur son geste tout en surveillant d’un coin d’œil ce que qu’on venait faire dans sa boutique. Cette scène m’a donné l’impression que son stand fonctionnait comme un lieu de travail à part entière, ou la vente n’a pas effacé d’autres pratiques à part entière tel que la conception des vêtements qui sont bien présentes dans le quotidien de certains vendeurs malgré l’industrialisation.

Ancien numéro du magazine Vogue exposé dans une boutique de vêtements vintage à Saint-Ouen, décembre 2025, crédit photo : Ilona Di Carlo
Entre ces deux zones, la transition se remarque assez nettement je trouve, lorsqu’on avance dans les allées. Après un stand de brocante aux objets sans ordre précis, on tombe sur un vendeur de vêtements qui expose sa marchandise directement sur des portants métalliques, puis, quelques mètres plus loin, l’entrée d’un marché couvert apparaît brusquement, presque comme un passage vers un autre rythme. À l’intérieur, l’ambiance se transforme : le bruit est plus calme, il n’y a souvent pas de musique et les déplacements sont plus lents. Cette répartition crée une géographie particulière, où chaque emplacement semble modeler les pratiques, les attitudes et les interactions observables au fil de la journée. Après avoir visité plusieurs fois comme je l’ai décrit juste avant dans cette présentation et introduction au marché aux Puces de Saint-Ouen. J’ai également posé quelques questions à deux vendeurs qui, ce qui m’a permis d’avoir un recueil d’impressions supplémentaires sur le marché et l’organisation du marché, des stands et sur les interactions avec les visiteurs et aussi entre commerçants, pour pouvoir bien compléter la description du terrain.
Observation et résultats : organisation du travail et stratégie des commerçants
Les questions que j’ai posé à un antiquaire et d’autres à un d’article de contrefaçon m’ont permis de détailler certaines pratiques organisationnelles et stratégies adoptées par les commerçants en fonction du type de marchandise. L’antiquaire auquel j’ai posé trois questions m’a décrit la préparation quotidienne de sa boutique comme si c’était un processus structuré avec l’installation du stand qui commence avant l’ouverture officielle, avec un contrôle minutieux de la disposition des objets. Il m’a également dit que les pièces fragiles sont placées à l’abri pour éviter les manipulations, les objets rares sont placés en hauteur, et les articles plus accessibles sont présentés pour attirer l’attention immédiate des visiteurs. Puis les pièces imposantes comme les lustres, les pièces en or sont également présenté en premier plan pour attirer l’attention. Selon lui, cette organisation vise à rendre chaque objet visible et à faciliter les interactions avec les clients professionnels et amateurs, tout en assurant la sécurité des objets qui sont fragiles ou de valeurs. Je le cite : « Je commence tôt, avant l’ouverture officielle. Je fais un petit tour pour vérifier que tout est en place : les pièces fragiles bien alignées, les objets plus rares en hauteur, les babioles devant pour accrocher l’œil. ». L’antiquaire m’a également éclairé sur le fait que le rythme et les priorités ne sont pas les mêmes au fil de la journée. Le matin par exemple l’attention est portée sur la tout ce qui est : installation et préparation. Alors que l’après-midi, l’accent est plus mis sur les interactions avec les visiteurs et sur la faite de raconter l’object comme s’il y avait une narration de l’object cela se fait parfois au détriment de la vitesse des transactions. Il explique également que certaines personnes reviennent plusieurs fois dans la même journée, pour pouvoir revoir le même objet ces moments la créent des interactions qui sont plus longues et espacés dans le temps. Puis selon lui tous ce travaille d’installation et de placement des objets conditionne la manière dont les visiteurs vont circuler autour du stand et les interactions qu’ils vont avoir avec eux. Je le cite : « On n’attire pas les clients de la même manière qu’un stand de fringues ou d’objets neufs. La mise en scène compte. ». Cela montre également que cette organisation n’est pas fixe puisque le marchand d’antiquaire ajuste de temps en temps la disposition de ses objets en fonction du public qui est présent et qui se déplacent. Le commerçant me dit qu’il arrive à reconnaitre certains clients professionnels dès leur arrivée, avec le temps il arrive à identifier rapidement ceux qui sont réellement intéressés par des objets spécifiques et ceux qui se contentent d’observer. A la fin de journée, c’est la fermeture des boutiques, certains objets sont recouverts et protégé comme les meubles fragiles, cela montre une autre forme d’organisation qui est centré sur la préservation de la marchandise. Ce moment est souvent partagé entre les commerçants qui sont voisins cela devient un temps d’échange. Ils discutent les visiteurs, acheteur, de la difficulté ou non de la journée. Mais cela reste tout de même une discussion qui n’est pas formelle puisque c’est une discussion spontanée entre professionnel qui partagent le même métier sans hiérarchie spécifique.
Par la suite j’ai également posé des questions à un vendeur de contrefaçon. J’ai souhaité établir une comparaison sur la manière de percevoir le marché, la disposition et mise en place du marché de la marchandise et de structuration interne. Car j’ai remarqué qu’elle n’était pas la même selon chaque vendeur et aussi entre brocanteur et revendeur ou marché à la sauvette. Du côté des revendeurs d’articles de contrefaçon on y voit une autre forme de structuration du travail. J’ai pu remarquer que l’organisation était plus orientée vers une sorte de « rotation rapide » et la gestion de flux de passant. Ils s’adaptent constamment au flux c’est-à-dire qu’ils réorganisent leurs stands pour attirer des passants, les produits en fonctions de la demande sur le moment par exemple si un client est intéressé par un article qui n’est pas disponible ou il n’y a plus la taille alors que le vendeur va immédiatement ré enchérir avec un nouveau produit, il est à noter que l’offre est immense il y a un large de choix.

Articles de contrefaçon exposés au marché de Saint-Ouen, décembre 2025, crédit photo : Ilona Di Carlo
L’entretien que j’ai réalisé m’a permis de d’observer une certaine vigilance et une réactivité qui est modulées en fonction de la densité de visiteurs et de la présence potentielle de contrôles. Je le cite : « Avec les années, on apprend à repérer les moments où ça circule beaucoup, et les moments où les équipes de contrôle arrivent. ». Ces pratiques illustrent bien la faite que les vendeurs s’adaptent en continue en fonction de leurs expériences sur le marché et ajustent le temps passé avec chaque client, déplacements rapides entre stands, et organisation de l’espace pour répondre à la circulation et à la demande immédiate comme je l’ai dit précédemment. Les deux entretiens montrent que l’expérience et la connaissance du marché influencent fortement ces stratégies, avec des différences remarquables entre les types de marchandises vendues. Cette différence est forcément due à leur rapport avec les autorités et à l’appréhension des contrôles, cette préoccupation génère naturellement une prudence accrue chez les vendeurs de contrefaçons puisque la nature illégale de leurs produits les expose directement aux sanctions, ce qui n’est pas le cas des brocanteurs spécialisés. Ensuite, j’ai également pu comprendre que la gestion des stocks se fait parfois dans une logique de coopération qui est informelle entre les vendeurs comme je l’ai expliqué dans l’introduction de l’observation. J’ai pu voir des déplacements rapides entre les stands, des échanges de marchandises lorsqu’il n’y avait pas de taille pour finaliser une vente. Ce qui est un mode de fonctionnement différent que les antiquaires car eux s’entraident en renvoyant les clients chez un autre antiquaires s’ils cherchent une pièce en particulier mais ils ne s’échangent jamais de marchandise. Le vendeur m’a également décrit une forme d’attention portée aux autres stands. Ils observent régulièrement ce que vendent ses voisins, non pas pour comparer ou juger mais juste pour anticiper sur ce que les clients pourraient rechercher comme marchandise, pour ne pas proposer les mêmes articles qui ne se « vendent pas trop ». L’analyse de ces entretiens montre à quel point les commerçants mobilisent des manières différentes d’organiser leur espace et de gérer leurs interactions, selon les produits qu’ils vendent et les contraintes propres à leur activité. Ce regard plus rapproché complète l’observation générale du marché en donnant accès à des pratiques et des routines qui restent souvent invisibles lorsqu’on se contente de traverser les allées.
Ce travail d’observation et les échanges réalisés m’ont permis de saisir plusieurs dimensions du fonctionnement du marché de Saint-Ouen. Mais l’enquête présente tout de même des limites. Mais ces limites ne remettent pas en cause ce qui a été observé, mais considère ce que l’enquête n’a pas pu montrer et ce qui resterait à chercher. La première limite est le temps passé sur le marché qui ne permet pas de recouvrir tous les jours et horaires durant laquelle le marché fonctionne réellement. Par exemple je n’ai pas pu réellement voir la partie de la préparation et de la discussion entre les commerçants avant l’ouverture officielle du marché. La deuxième limite est que j’ai interrogé seulement deux personnes du marché un vendeurs antiquaires et un vendeur d’article de contrefaçon mais cela ne reflète pas l’entièreté du marché et la diversité réelle du marché. Car j’ai pu voir qu’il y avait des vendeurs de pièces techniques ou des brocanteurs spécialisés, ces commerçants peuvent avoir des modes d’organisation différentes que celles décrites dans mon observation. Ensuite le contexte de l’enquête constitue en lui-même une limite car selon tous ce que j’ai pu observer j’ai remarqué que certains commerçants se montrent très retissant et réservés l’lorsque que l’on veut leurs poser des questions ou que l’on s’intéresse trop à des questions liées à leurs commerce ou à des sujets qu’ils jugent sensible comme la faite de parler de contrôle par les autorités. On pourrait donc ici s’interroger sur la manière dans la présence d’un observateur influence leurs discours. Puis Les conditions matérielles du marché créent aussi des limites d’observation. Car le flux de visiteurs qui est très denses et le bruit rend parfois difficile l’observation ou la possibilité de pouvoir poser des questions car parfois les vendeurs sont très occupés. De plus je me suis également par rapport à mes observations de la faite que les observations montrent des formes de coopération parfois entre certains vendeurs : Comment les commerçants gèrent-ils la frontière entre sociabilité et concurrence ? Cette question reste ouverte et indique que marché reste en constante évolution, les pratiques observées ne suffisent pas à saisir l’ensemble de ce qui s’y passe. L’enquête permet d’observer certaines dynamiques, d’en apercevoir, et elle fait apparaître de nouvelles pistes qui pourraient être approfondies dans un travail plus long ou basé sur davantage de témoignages.
Ilona Di Carlo
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
ilonadicarlo (10 décembre 2025). Les dessous des Puces : organisation, pratiques, relations sociales et interactions à Saint-Ouen. Comment voit-on la ville ? Consulté le 15 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15bdg
