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Marché de Clignancourt : Différencier le vrai du faux

Le 10 et 18 novembre 2025, dans le cadre de mon master, j’étais en pleine immersion au marché de Clignancourt. Située à la sortie du Tramway 3 Bis et au pied du périphérique parisien, cette place marchande est réputée pour sa vente de contrefaçon. À l’unité ou en gros, de Nike à Jordan, en passant par Prada, Louis Vuitton ou encore iPhone et Airpods, on y trouve de tout. Le marché de la sneaker est toutefois celle qui m’a le plus intrigué. En effet, le nombre de paires de chaussures est incalculable. Entre les Shox, Yeezy, Gazelle, il y en a pour tous les goûts. Bien que ce soient évidemment des contrefaçons, elles sont à mes yeux, de loin et parfois même de près, très ressemblantes aux originales. Toutefois, quid d’un expert de la sneaker ? Pourra-t-il faire la différence entre une vraie et fausse paire de chaussures ?

Chaussures exposées au Marché de Clignancourt (© Julie PHAM, 29/11/2025)

Billet de 20 euros à la poche pour ma première immersion, et avec pour objectif de trouver une paire de chaussures qui pourrait également être disponible à Intersport Paris République, mon lieu de travail dans lequel je débute tout juste en qualité de vendeur au rayon chaussures. Je me fonds rapidement dans la masse du marché, observant les produits et en me faisant très rapidement alpaguer. On me propose des produits Apple à bas prix, je ne suis toutefois pas intéressé et très loin d’être rassuré par la qualité de ce produit. Je continue de me balader, et je tombe sur un individu intriguant, un commerçant qui ouvre et qui ferme plusieurs boutiques, sûrement l’un des patrons du coin. Je l’observe et essaye donc de rentrer dans une boutique avec le portail à moitié baissée en lui demandant si c’était ouvert. Il me répond chaleureusement que oui, je jette donc un rapide coup d’œil, rien d’intéressant pour moi, et à l’instar où je m’apprête à quitter la boutique, il m’invite à en visiter une autre. Il ferme donc la première boutique à laquelle je me suis rendu pour en ouvrir une deuxième. Intrigué, je décide de regarder, il y a effectivement des sneakers, mais rien de bien intéressant. Je lui pose alors la question : « Pourquoi fermez et ouvrez-vous des boutiques comme cela et ne les laissez pas ouvert ? ». Ce dernier me répond :

« Je ne peux pas laisser ouvert la boutique, car si la police vient ils vont tout récupérer vu que c’est de la marque »

Intrigué et ne souhaitant pas lui faire ouvrir une boutique sans raison, je continue de fouiller de fond en comble, tout en sachant pertinemment que je n’y prendrais rien. Je continue de me faufiler dans les allées, parcourant maillots de football, de basketball, labubus, chaussures, parfums, vêtements de luxe et évidemment sneakers. Déambulant dans le marché sous un fond musical provenant des enceintes de différents stands, je parviens toutefois à reconnaître la chanson Yama du célèbre artiste marocain Dystinct. Attiré par la musique, j’y jette un coup d’œil m’éloignant drastiquement de ma cible initiale. J’y trouve en effet des drapeaux marocains, palestiniens et des maillots de football dont notamment celui du Maroc mais pas de chaussures. Et afin de créer un contact avec le marchand, et d’instaurer un lien de confiance entre lui et moi, je lui parle de mon futur voyage à Marrakech, d’où mon -faux- intérêt pour les maillots des Lions de l’Atlas qu’il a exposé, tout comme celui de l’Atlético de Madrid, mon club de football préféré. Je parviens à rentrer en négociations avec lui afin de me mettre dans le bain et d’adopter une façon de négocier. Et a la fin des pourparlers, ce dernier accepte un prix de 10€, mais ne souhaitant pas me procurer ces produits, et sachant pertinemment qu’ils n’acceptent pas les paiements par carte bancaire par leur absence de TPE, mais également par intuition, je sors ma CB et lui demande s’ils prennent ce type de paiement, c’est évidemment un refus. Mais ce dernier me conseille de me rendre à l’entrée du marché dans lequel se trouve un distributeur automatique de billets. Je continue ma balade dans les allées du marché, puis décide de prendre une petite pause dans les puces de Saint-Ouen, loin du bruit, le temps de prendre un café, un petit gâteau et d’y retourner. Et bingo, je trouve une énorme boutique vendant principalement des sneakers, tenu par un charmant homme tunisien, avec qui j’ai eu l’occasion de discuter sans même entrer dans une conversation commerciale. J’inspecte par la suite la boutique, on peut y trouver différents modèles, dont des TN, des requins, des Asics… Mais n’ayant pas en tête les chaussures dont dispose le magasin Intersport République, je regarde sans même savoir quelles paires de sneakers vais-je comparer entre elles. Ma première expérience prenant fin, au bout de la grande allée je me retrouve avec des marchands ambulants de merguez au barbecue, émanant une odeur me procurant paradoxalement à la fois de l’envie et du dégoût. Toutefois cette après-midi et cette exploration du marché de Clignancourt et le marché aux puces de Saint-Ouen me procura énormément d’incertitudes et de doutes quant aux travaux que je vais réaliser pour ma recherche. Le marché de Clignancourt est très riche, il existe tant d’éléments à analyser que trouver un angle pour cet écrit en reviendrait presque d’un supplice. Un calvaire tant il y a de choses à dire et à décrire, quand bien même l’intégralité du marché et l’ensemble des contenus n’ont pas été explorés. Cependant, je décide toutefois de rester dans ma zone de confort en me focalisant sur les paires de basket.

C’est ainsi la raison pour laquelle, le jeudi qui suit, le 13 novembre 2025, je me rends à Intersport Paris République, mon lieu de travail. Étant en effet vendeur dans le rayon chaussures dans cette boutique située au 11e arrondissement parisien, mon idée était de faire comparer les paires de sneakers du marché de Clignancourt, qui sont des contrefaçons et celles disponibles au magasin. La comparaison sera réalisée par les responsables de ce rayon ainsi qu’un simple vendeur, afin de vérifier s’ils sauront remarquer la différence entre les deux produits censés être similaires. Une fois arrivé à la boutique, je fais du repérage afin d’avoir une idée plus claire sur les produits qui pourraient être disponibles dans les endroits marchands, ainsi durant ma journée de travail, je prête grandement attention aux produits que je manipule, prends des photos de toutes les paires de chaussures qu’ont été mises à disposition sur les murs du rayon mais également sur les meubles de « libre-service » qui comme le nom l’indique a pour utilité de laisser les clients se servir et d’aller par la suite régler en caisse. Ainsi, dans le magasin il y a au total plus de 250 modèles, ce qui me laisse la place au choix avec un gamme de sneakers très large. Cela peut cependant avoir un effet à double tranchant car cela peut m’apporter énormément de doutes sur premièrement le choix de la paire de chaussures, car la gamme est très grande et il sera donc difficile de faire un choix sur laquelle je me pencherais. Mais cela peut également m’amener à passer outre ou à passer à côté de certaines paires de sneakers car elles seront passées à l’oubli. Je me suis donc posé une question sur ma future visite du marché de Clignancourt : Dois-je me focaliser sur une paire de chaussures en particulier et essayer de la trouver coûte que coûte ? Ou bien y retourner sans idées précises en tête et tenter de trouver une des 250 paires présentes dans le magasin de sport à République ? Mes collègues et responsables surpris par les photos que je prends de tout le rayon, passant des chaussures dit « pour hommes », puis « pour femmes » et enfin celles des enfants. Je leur explique donc le contexte et l’intitulé de mon travail et je leur ai ainsi demandé s’ils veulent bien m’aider en participant à leur échelle. Ils ont tous accepté de réaliser l’entretien à mes côtés pour tenter de savoir s’ils parviennent à signaler les différences entre les chaussures de contrefaçon et celles en magasin qui proviennent directement des marques elles même. Mais ils m’ont également permis de m’aiguiller concernant mon interrogation sur la stratégie à adopter et m’ont plutôt de me diriger vers la seconde option qui était d’y retourner sans idée particulière.

Modèles d’exposition Asics sur le mur du rayon chaussures d’Intersport Paris République (© Nahidul MOHAMMED NURUL, 13/11/2025)

C’est ainsi que le mardi 18 novembre, soit dix jours suivant ma première expédition avec mes camarades de promo de mon master, que j’y retourne. A la sortie du tramway, je rejoins ces derniers et me dirigent vers le marché. Et à ma grande surprise, un calme et un silence d’enterrement. La place est presque vide, on y trouve seulement les vendeurs des boutiques. Je demande alors à un des vendeurs la raison pour laquelle cette place est aussi vide. Ce dernier me répond que le marché n’est ouvert que le samedi, dimanche et lundi. Et étant en plein milieu de semaine, il est donc évident que la place soit vide et qu’il n’y ait que très peu de clients. J’ai senti pour ma part ce jour-ci une ambiance plus pesante, avec les vendeurs en boutique qui paraissaient bien plus sur la défensive qu’ils ne l’étaient dix jours auparavant. Étant seuls avec mes camarades, entourés de très peu de clients et quelques vendeurs, nous ne faisions un petit peu remarquer. Dans un froid glacial, l’accueil était très loin d’être chaleureux. Je repartais alors à l’exploration au long du marché de Clignancourt à la recherche d’une paire de baskets. Dans mon portefeuille, cette fois-ci 40€, soit vingt de plus que la dernière fois. Quand bien même nous n’avons pas été accueillis de la meilleure des manières, je reste très optimiste à l’idée de trouver ce que je cherche, soit une paire de chaussure qui se trouve également à Intersport, qui me plaît, que je pourrais porter dans la vie de tous les jours et pour un prix maximum de 40€. Mes demandes sont, je le sais, ambitieuses. Je me retrouve devant une boutique de paires de chaussures et analyse rigoureusement chaque produit. Je me retrouve devant une paire d’Asics, le modèle Gel 11-30 que j’ai déjà vendu moi-même certains clients à Intersport. Je demande le montant, ce dernier me donne un prix de 50€, soit dix euros de plus que ce dont j’ai sur moi. Je tente de négocier pour obtenir un prix inférieur, et obtenir ces chaussures pour 40€. Ce dernier accepte, je demande alors une taille 43, car si je dépense un gros montant, autant utiliser cette somme d’argent pour acheter quelque chose que j’utiliserais réellement dans mon quotidien. C’est alors que ce dernier part demander à ses collègues s’ils ont ce modèle en taille 43, et il revient bredouille, mains vides en me disant que malheureusement ils ne l’ont plus. Je me demande alors si le vendeur me dit bien la vérité ou est-ce une ruse des vendeurs pour me faire partir, sachant pertinemment que je ne paierais pas la somme initiale. Ce dernier insiste toutefois et me demande alors de regarder les autres modèles disponibles, mais rien d’intéressant et rien qui ne rentre pas dans mes critères de recherche. Je le remercie alors du temps qu’il m’a accordé et me remercie très chaleureusement en répétant à de nombreuses reprises « Baraka Allahou fik » – qui signifie « que la bénédiction d’Allah soit sur toi » -, tout en me serrant la main et mettant sa deuxième main sur mon épaule. Je quitte alors cette boutique pour me rendre dans une autre qui vend également des maillots de football. C’est ainsi que je retrouve mes camarades de master, Juliana et Julie qui réalisent également leurs travaux de recherches. Dans cette boutique, je me retrouve alors devant une paire de chaussures qui me paraît très intéressante. C’est en effet la Nike Air Max Fire, au coloris noir avec la virgule rouge, un modèle de baskets qui est bien disponible en magasin. Je demande alors le prix et le vendeur me répond qu’il ne me la vendrait seulement pour 50€. Je tente alors de négocier, mais en vain. Le vendeur est très ferme, c’est un non catégorique, soit je la prends pour 50€, soit je dégage. Je décide alors d’arrêter les pourparlers et sortir de la boutique, mais j’observe alors discrètement Juliana qui négocie avec le vendeur pour une paire de chaussures, et ce dernier qui accepte de réduire le prix jusqu’à 30€. C’est alors que j’aperçois qu’il y a un traitement de faveur si tu es une femme ou si tu es un homme. Elles ne l’ont toutefois pas prise. Par la suite, nous nous rendons ensemble vers l’entrée du marché, au pied du périphérique. Quelques jours plus tôt, cette allée était pleine d’individus cherchant leur bonheur et de vendeurs tentant de réaliser le plus de profit. Aujourd’hui elle est vide, avec énormément de passage de voitures, de camions et de scooters. Mais également des voitures de police qui, à ma surprise, ne s’arrêtaient pas et continuent leur chemin, moi qui pensais qu’ils venaient pour la vente de contrefaçon. Et sur cette même allée, j’observe le peu de paires de chaussures mises à disposition, c’est alors qu’un vendeur m’interpelle et me demande si je cherche quelque chose. Je réponds que je ne cherche rien de spécial, juste des chaussures. Il est très insistant et me demande laquelle. Et c’est alors que je lui montre une photo d’une paire de chaussure Asics Gel 11-30 en bleu.

Asics Gel 11-30 bleu (© Nahidul MOHAMMED NURUL, 18/11/2025)

Ce dernier revient me voir et demande 80€ pour ce modèle. Une somme très élevée qui selon moi est démesurée, disproportionnée. D’autant plus qu’elle ne coûte que vingt euros de plus à Interpsort, soit un prix de 100€, que j’ai le droit à une réduction de 50 % au magasin et qu’elle ne me coûterait donc que 50€. J’ai donc pouffé et je suis parti car le prix était trop excessif à mon sens. Après avoir raconté cette anecdote à mes camarades, ces derniers étaient d’accord avec moi quant aux prix bien trop élevés. Et donc, à la fin de ma deuxième visite au marché de Clignancourt, toujours rien. Pas le moindre centime dépensé et toujours pas de paires de chaussures pour moi. Toutefois, je ne lâche pas l’affaire et je me rends de nouveau au marché de la contrefaçon le lundi suivant, le 24 novembre 2025. Cette fois-ci, comme prévu le marché a bien lieu. Je me retrouve donc au milieu de tous ces vendeurs, certains me proposent désormais des bijoux, de l’or, de l’argent. J’y trouve aujourd’hui de nombreux touristes, qu’ils soient indiens, espagnols, allemands, anglais, j’ai entendu de nombreuses langues parlées avec des personnes de tout horizon. Toutefois, ce n’est pas ma priorité d’observer les clients et les vendeurs, mon angle n’est pas anthropologique et je garde surtout en tête mon objectif de trouver une paire de chaussures. Pour arrêter de perdre mon temps, j’ai cette fois-ci en ma possession un billet de 50€. Je ne me cache pas, c’est une somme importante à mes yeux mais je n’ai pas d’autres choix que de remplir les conditions de vente pour obtenir ce que je désire depuis près de deux semaines. Moi qui ne souhaitais initialement pas dépasser les 20€, j’étais malheureusement bien trop confiant et ambitieux. J’ai même expliqué ironiquement à un ami que si je pouvais juste prendre discrètement le modèle d’exposition de la paire de chaussures et de fuir furtivement, je l’aurais fait. Toutefois, me revoici au marché, billet de 50€ en poche près à être dépensé. Pour mon troisième passage dans ce marché au nord de Paris, je ne souhaite pas y perdre trop de mon temps et de m’y éterniser. Je me retrouve alors devant la grande boutique de chaussures et achète finalement la paire de Asics Gel 11-30 au coloris grey black.

A droite : Asics Gel 11-30 grey black à Intersport (© Nahidul MOHAMMED NURUL, 28/11/2025)

Mes immersions au marché de Clignancourt étant enfin terminées, place désormais à la raison pour laquelle j’y suis passé à trois reprises : comparer cette paire de chaussures à celles appartenant à Intersport Paris République. Pour ma part, je parviens à trouver quelques différences, dont sur la matière de la basket, et notamment son tissu, qui selon moi paraît bien plus faible et fragile. Toutefois, je préfère m’appuyer sur les dires d’un expert pour me donner. C’est la raison pour laquelle j’ai donc demandé à Sébastien, responsable du rayon chaussures de ce magasin Intersport et je lui demande dans un premier temps de retrouver quelle chaussure droite est la vraie et laquelle est la fausse. Je lui tends alors les deux chaussures différentes et Sébastien la tourne, la plie, la scrute et son verdict tombe très rapidement et de façon très brutale. Je suis plutôt surpris qu’il le trouve aussi rapidement mais étant donné son emploi et son poste, finalement ce n’est pas si surprenant que cela. Avec du recul je ne comprends pas comment ai-je pu douter de l’expertise d’une personne travaillant dans ce domaine depuis si longtemps.

« Déjà, juste au toucher, tu captes le truc grave rapidement. Le mesh… c’est un peu comme si tu compares le tissu d’un parapluie à un textile de running. Sur la vraie, c’est souple, respirant. Là c’est dur, plastifié. Et le pire c’est que contrairement au parapluie, ta chaussure fake là, elle prend la pluie mais tu auras le pied tout mouillé »

Il a déjà répondu à mon interrogation concernant la matière de la chaussure et a su mettre des mots sur ce dont je pensais quand j’ai moi-même comparé deux les chaussures entre elles.  Ce dernier continue alors la comparaison en abordant désormais les détails

« Le logo, il est un peu trop épais sur la « falsh ». Et là, tu vois il y a une petite bavure ? Les vraies sont nickel quand tu regardes bien. Mais franchement je t’avoue il faut avoir l’œil (…) Et l’étiquette wow ahaha c’est une blague ils n’ont pas fait d’effort, y a que dalle »

Et enfin, le manager m’a brièvement parlé du produit en tant que tel avant de retourner en surface du magasin et de gérer son rayon et sa clientèle.

« Par contre, le gel de ta fausse chaussure c’est chaud hein, on peut le sentir au touché. Je ne te conseillerais vraiment pas de courir avec celle-là parce qu’il y a un risque que l’amorti soit irrégulier et qu’elle te lâche. La stabilité elle est moyenne aussi, et la forme du talon elle s’écrase trop vite. Sincèrement ça peut vraiment être dangereux de courir avec. »

Le court entretien est donc terminé, j’ai eu le droit à des réponses de surface très intéressantes. Sébastien ne s’est pas grandement focalisé sur la chaussure et y a passé un coup d’œil assez rapide et malgré un laps de temps très court, il a réussi à débunker différentes anomalies concernant la chaussure. Je vais faire désormais passer le test à Yohan, 26 ans, qui est responsable adjoint du rayon chaussures. J’avais légèrement de l’apriori avant de lui faire passer ce questionnaire car je craignais qu’il ne répète la même chose que Sébastien. Et mes préoccupations se sont avérées véridiques, car ce dernier a très rapidement su trouver la vraie de la fausse et la première remarque qu’il m’a faite concernait le tissu de la chaussure.

« Wesh la paire c’est une Clignancourt ou c’est une Wish, la matière est atroce. »

Il a toutefois abordé différents sujets dont Sébastien n’a pas abordé, la languette et le poids. Et en effet selon lui, sur les vraies 1130, la languette elle est bien rembourrée, elle est dense et confortable. Alors que l’autre est super plate, on dirait une crêpe et sarcastiquement il ajouta « t’as intérêt à les porter avec des chaussettes, elles vont t’arracher le pied ».  Ce dernier, toujours sur le même ton, ajoute concernant la basket provenant du marché de Clignancourt : « c’est trop bizarre parce que la chaussure est super légère mais je suis sûr que ça ne tient pas une semaine ton truc. »

Et enfin, j’ai souhaité faire passer cet interrogatoire par une personne qui n’est pas experte en la matière. Car il est facile pour des responsables du rayon chaussure de différencier le vrai du faux. Ils ont en effet, tout au long de leur carrière professionnelle passer de nombreuses formations concernant les sneakers, ils connaissent ces produits sur le bout des doigts. Quid cependant d’une personne, dont la basket n’est pas le métier. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à Inès, 19 ans, alternante au magasin dans le rayon tennis, de se prêter au jeu des 7 différences en comparant la vraie et la fausse Asics Gel 11-30. Cette dernière se joint à moi peu sereine « mais je ne vais pas trouver », cependant elle se prête tout de même un peu au jeu. Elle inspecte les 2 chaussures et comme tous les autres, la première remarque qu’elle fait concerne la matière de la chaussure. « Il est bizarre le tissu de celui-ci, je suis sûre que c’est le faux, mais à vue d’œil comme ça, je t’avoue que je n’aurais jamais trouvé ».

Comme moi, Ines n’aura donc pas réussi à trouver d’autres éléments concernant la fausse paire de chaussures. Mais il est vrai que sans une vision très approfondie et une analyse appuyée, le produit de contrefaçon en lui-même est semblable à l’originale vendu deux fois plus cher. Toutefois, en vaut-il vraiment la peine ? Est-il vraiment nécessaire d’acheter la fausse version d’une paire de chaussure qui ne tiendra pas sur la durée, ne sera pas de bonne qualité, pas bon pour le confort du pied, de la semelle, du talon, et qui pourraient engendrer des problèmes de posture et de dos, sous prétexte que le design est plus ou moins ressemblant ? Et bien la réponse est peut-être « oui ». Mais cela, je vous laisse en juger par vous-mêmes.

MOHAMMED NURUL Nahidul


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
nahidul (10 décembre 2025). Marché de Clignancourt : Différencier le vrai du faux. Comment voit-on la ville ? Consulté le 15 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15bdj


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