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Observation de la Porte de Clignancourt : organisation, interactions et répartition genrée de l’espace marchand

Lorsque j’ai entrepris de travailler sur le marché informel de la Porte de Clignancourt, je ne m’attendais pas à ce que l’espace m’offre autant de matière à observer. J’y suis retournée à trois moments différents, et c’est sans doute cette pluralité de visites qui a donné à mon enquête une profondeur inattendue.

Le marché s’inscrit dans un environnement plus large, caractéristique du nord parisien : entre la rue Jean-Henri Fabre et l’avenue Michelet s’étend un secteur particulièrement effervescent, où se mêlent boutiques alignées et étals installés à même la rue. Ce tissu commercial dense relie les puces de Saint-Ouen au marché Malik et propose une grande variété de marchandises vendues à prix négociés, allant des maillots de football aux objets anciens. La coexistence de ces pratiques et de ces acteurs façonne un espace économique singulier, traversé par des dynamiques sociales et symboliques qui se superposent et structurent l’ambiance générale du lieu.

Ma première visite, le 10 novembre à 15h, je l’ai faite en compagnie de deux camarades. Le simple fait d’être en groupe influençait déjà notre manière d’évoluer dans cet environnement et la manière dont il nous percevait. Nous formions un petit ensemble identifiable, ce qui modifiait subtilement les regards, les distances, les interactions. Rien de spectaculaire, mais suffisamment pour sentir que ce marché, dès l’entrée sous le périphérique, observe attentivement les corps qui le traversent.

Photo d'un stand de veste d'hiver
Photo d’un stand de veste d’hiver

À peine sorties du métro, nous avons été happées par l’intensité de l’activité. Ici, le marché ne se dévoile pas progressivement : il surgit d’un bloc, dense, bruyant, animé par son propre rythme. Sous le périphérique, les stands semblaient s’enchaîner sans logique apparente, comme si chaque vendeur avait trouvé sa place dans un désordre paradoxalement cohérent. Vêtements entassés ou soigneusement pliés, vestes suspendues, câbles, coques de téléphone, chaussures et objets hétéroclites composaient autant de petites scènes, chacune portée par des vendeurs parfaitement à l’aise dans cet environnement mouvant.

Ce qui m’a frappée dès cette première immersion et que j’ai retrouvée lors de ma visite du 18 novembre, c’est la présence quasi exclusive d’hommes derrière les étals. Ce sont eux qui occupent l’espace, interpellent les passants, gèrent les flux et entretiennent l’énergie du marché, parfois dans une atmosphère vive, voire tendue. Cette prédominance masculine influe fortement sur la tonalité du lieu, et distingue ce marché d’autres espaces marchands où la mixité est plus perceptible.

Le sol était humide, par endroits glissant. Une fine poussière grise s’accrochait aux semelles, rendant chaque pas légèrement instable. Certaines bâches se soulevaient au rythme des courants d’air, révélant l’épaisseur modeste des objets disposés dessus. L’odeur du béton froid se mêlait à celle d’un vendeur ambulant qui grillait du maïs un peu plus loin. Les conversations s’entrechoquaient, certaines en français, d’autres en arabe dialectal, en wolof ou en soninké. Nous avancions lentement, essayant de comprendre la logique du lieu, mais la logique semblait être le mouvement lui-même.

C’est au milieu de cette effervescence que j’ai réalisé une chose très simple, mais impossible à ignorer : le marché est tenu presque exclusivement par des hommes. Cette observation n’avait rien d’une conclusion prématurée ; elle s’imposait à nous avec une évidence tranquille. Les hommes occupaient le centre, physiquement et symboliquement. Ils installaient leurs stands, interpellaient les passants, se regroupaient pour discuter, échangeaient des regards rapides lorsqu’un mouvement inhabituel se produisait. Leur manière d’habiter l’espace donnait au marché son énergie principale, son rythme, sa tonalité.

Les femmes, elles, étaient présentes, mais autrement. Elles circulaient, beaucoup plus qu’elles ne s’installaient. Elles traversaient le marché comme on traverse un couloir animé : vite, avec attention, sans s’attarder trop longtemps. Certaines regardaient brièvement les stands, mais sans s’approcher réellement. Une femme a changé de main pour tenir son sac lorsque nous avons croisé un groupe d’hommes ; une autre a légèrement accéléré en entrant dans la zone la plus dense. Ces gestes, que nous aurions pu ignorer si nous ne les avions pas vus répétés, traduisaient une manière différente de s’ajuster à l’espace.

Un vendeur, accroupi devant une bâche de téléphones, tapotait du bout des doigts sur ses cuisses en parlant avec un collègue. Lorsqu’il nous a vus approcher, il s’est redressé presque imperceptiblement, comme pour évaluer si nous étions des clients potentiels. Quand l’un de mes camarades a dû contourner sa bâche, le vendeur l’a observé avec une vigilance immédiate, mais s’est détendu aussi vite en voyant qu’il ne touchait à rien. Ce minuscule échange, qui n’a duré que deux secondes, révélait un rapport à l’espace très différent de celui des passants : les vendeurs lisent les déplacements, anticipent, réagissent. Ils occupent l’espace de manière active, presque stratégique.

Photo du marché
Photo du marché

Cette première visite m’a permis de comprendre une chose essentielle : le marché est un espace où le genre ne se donne pas à voir explicitement, mais où il organise subtilement les manières de circuler. Les hommes, nombreux, installés, vocaux, constituent l’ossature visible du marché. Les femmes, moins présentes, moins immobiles, semblent devoir négocier leur place différemment, en adaptant leur trajectoire, leur vitesse, leur gestuelle. Je n’y ai pas vu d’hostilité manifeste, ni de tension explicite, mais plutôt une sorte de configuration tacite : certaines zones semblent naturellement appartenir à ceux qui les occupent déjà.

Cette première entrée en matière, faite en groupe, a posé un cadre pour les deux visites suivantes : comprendre comment cet espace se transforme (ou non) lorsque je m’y rends seule, comment ma présence en tant que femme modifie mes propres perceptions, et surtout comment les autres femmes vivent, même brièvement, cet espace particulier.

Ma seconde visite, le 15 novembre, a profondément modifié ma manière d’approcher le marché. J’y suis retournée seule, précisément pour comprendre ce qui, lors de la première immersion, avait pu être atténué par le fait d’être accompagnée. L’expérience d’un lieu dépend souvent de la façon dont on s’y présente, et je voulais éprouver ce que signifie traverser cet espace sans la présence rassurante d’un groupe.

En sortant du métro, la lumière grise de l’après-midi donnait au marché un caractère plus absorbant, presque homogène. Pourtant, à mesure que j’avançais vers la zone située sous le périphérique, les détails se sont imposés avec une clarté accrue. Les mêmes étals étaient là – des jeans empilés, des vestes, des câbles rangés dans des sacs de sport, des téléphones d’occasion – mais je les percevais différemment. Les bruits également : les appels des vendeurs, les conversations entre eux, le frottement des bâches contre le sol irrégulier. Chaque son semblait avoir gagné en relief, comme si être seule rendait l’espace plus dense.

Je me suis surprise à marcher plus lentement que la première fois, non par hésitation, mais par curiosité. Sans camarades autour de moi, mon attention n’était plus divisée ; elle se focalisait sur ce qui m’entourait immédiatemment. Plusieurs vendeurs m’ont adressé un « Bonjour » ou un « Regardez ici », mais sans insister. L’interpellation était brève, presque administrative, et je sentais surtout que ma présence seule me rendait un peu plus perceptible, sans pour autant susciter une réaction particulière.

C’est lors de cette visite que j’ai rencontré la première vendeuse du marché. Elle était installée légèrement en retrait, appuyée contre un mur, avec une petite sélection de foulards soigneusement pliés. Ce qui m’a frappée d’abord, c’est sa posture : elle semblait attentive, mais pas tendue ; présente, mais sans chercher à attirer l’attention. Sa manière d’occuper l’espace différait nettement de celle des vendeurs masculins, qui, eux, se projetaient davantage dans la circulation.

Photo du stand de la femme

Je me suis approchée, et elle m’a adressé un sourire discret.
  « Vous venez souvent ici ? », lui ai-je demandé.
Elle a hoché la tête doucement.
  « Pas tous les jours. Je viens quand je peux. Je préfère rester là. C’est plus tranquille. »

Son « là » désignait évidemment la périphérie du marché, mais elle n’a pas eu besoin de préciser. Le simple mouvement de son regard, orienté vers le centre, suffisait à comprendre ce qu’elle ne disait pas.
  « Pourquoi ne pas vous installer un peu plus au milieu ? »
  « Oh… là-bas, c’est beaucoup de monde. Et ils ont déjà leurs habitudes. Moi, ça me va ici. »

Elle n’exprimait ni peur ni frustration : seulement une forme de lucidité pragmatique, celle de quelqu’un qui connaît les mécanismes d’un lieu et choisit, en connaissance de cause, la position la plus compatible avec sa présence.

En repartant, j’ai observé plus attentivement la façon dont les femmes traversaient le marché. Trois gestes répétés m’ont frappée : la manière de porter le sac à main, souvent rapproché du corps ; le choix de marcher plutôt en bordure qu’au centre ; et la tendance à limiter les arrêts prolongés. Une femme s’est arrêtée une seconde pour regarder une veste, puis s’est ravisée presque immédiatement en voyant qu’un groupe d’hommes s’était rapproché de l’étal voisin. Une autre contournait systématiquement les zones les plus compactes, quitte à rallonger son trajet.

Rien dans ces comportements ne relevait de la peur manifeste, mais ils formaient un ensemble cohérent de micro-stratégies : surveiller, anticiper, ajuster. Des gestes presque intuitifs, façonnés par une lecture sensible de l’environnement.

Un peu plus loin, un vendeur réarrangeait une pile de pulls. Je me suis arrêtée quelques instants pour observer son geste, ce qu’il a remarqué.
  « Vous cherchez quelque chose ? », m’a-t-il demandé d’un ton parfaitement neutre.
  « Non, je regarde un peu. »
  « Ah, d’accord. »

Il m’a adressé un bref sourire avant de reprendre sa tâche. Cette interaction m’a semblé révélatrice non pas par ce qu’elle contenait, mais par ce qu’elle ne contenait pas : aucune insistance, aucun soupçon, aucune lecture particulière. Pourtant, j’ai perçu une légère différence par rapport à la visite en groupe. Il me regardait comme on regarde quelqu’un dont on évalue simplement la trajectoire dans l’espace, sans autre intention. Être seule rendait mes déplacements plus visibles, mais pas plus exposés.

L’ensemble du marché fonctionnait avec les mêmes codes qu’à ma première venue : des vendeurs qui s’appellent de loin, se reconnaissent, échangent des signes rapides, déplacent leurs marchandises d’un geste sûr. J’ai compris que cette aisance masculine tenait moins à une volonté d’occupation stricte qu’à une familiarité quotidienne. Ils savent comment le marché réagit, comment il respire, où se trouvent les seuils, les passages, les zones à éviter.

Les femmes, en comparaison, occupent un rapport plus circonstanciel à l’espace : elles traversent, se positionnent en bordure, manipulent leur trajectoire avec une forme de vigilance discrète. Rien d’imposé, mais beaucoup d’ajustements silencieux.

Cette seconde visite a été décisive. Elle m’a permis de comprendre que l’espace n’est pas vécu de la même manière selon qu’on y arrive seule ou accompagnée, selon qu’on y vend ou qu’on le traverse, selon qu’on appartient à la majorité visible   ici les hommes   ou qu’on occupe une position plus fragile ou plus mobile, comme c’est généralement le cas des femmes observées ce jour-là.

En relisant mes notes issues des trois visites, je me suis rendu compte que ce marché, que je pensais au départ relativement simple à saisir, résiste en réalité à une interprétation univoque. Les scènes observées ne s’organisent pas toujours selon une logique immédiatement visible, et les comportements ne se laissent pas aisément ranger dans des catégories stables. Certains éléments reviennent, presque systématiquement   la centralité masculine, la circulation plus rapide des femmes, la rareté des vendeuses   mais leur portée réelle demeure difficile à cerner sans prendre en compte la pluralité des situations qui coexistent dans le même espace.

La disposition même du marché, par exemple, ne semble jamais définitive. Lors de la première visite, certaines bâches occupaient le centre du passage ; lors de la seconde, l’une d’entre elles avait disparu, remplacée par un vendeur assis sur une caisse en plastique ; lors de la troisième, l’espace s’était densifié différemment, comme si le marché recomposait chaque jour sa propre géographie. Cette plasticité rend l’enquête stimulante, mais elle en limite aussi la portée : ce que l’on observe un jour n’est pas nécessairement ce que l’on retrouvera le lendemain. Le marché ne se laisse pas figer.

La place des femmes, elle non plus, ne se donne pas à lire de manière univoque. Les gestes de prudence que j’ai observés   contourner une zone dense, ajuster la position du sac, accélérer légèrement   ne sont peut-être que des habitudes individuelles, renforcées par le contexte spécifique de mes visites. Il est possible que d’autres femmes, à d’autres moments de la journée, habitent cet espace différemment. Les quelques vendeuses rencontrées ne constituent pas un échantillon représentatif, et leurs récits sont, par nature, situés : l’une vient seulement quelques heures, l’autre ne s’installe jamais au milieu, une troisième préfère ne pas rester en fin de journée. Ces témoignages ne forment pas un modèle, mais une série de points d’appui qui éclairent seulement certaines facettes du marché.

De la même manière, les paroles des vendeurs masculins ne suffisent pas à expliquer la structure genrée du lieu. Certains évoquent la fatigue, l’endurance, la nécessité de rester debout longtemps ; d’autres parlent de bruit, de froid, d’un environnement « pas simple ». Ces explications ne dessinent pas une théorie solide, elles reflètent plutôt la façon dont chacun interprète sa propre pratique. Il est difficile de déterminer si ces discours traduisent des obstacles réels pour les femmes ou simplement des représentations naturalisées du travail marchand. Rien ne permet d’affirmer que ces hommes chercheraient à exclure qui que ce soit ; rien ne permet non plus d’affirmer qu’ils favoriseraient spontanément l’intégration de nouvelles vendeuses.

Ce qui demeure frappant, toutefois, c’est la manière dont les routines masculines semblent s’ancrer dans l’espace au fil du temps. Les vendeurs se reconnaissent, s’interpellent, se coordonnent avec une aisance que l’on ne peut acquérir qu’en occupant durablement un lieu. Leurs gestes   déplacer une bâche, surveiller un angle du marché, s’échanger un regard bref   traduisent une organisation presque organique, qui ne repose pas sur une règle explicite mais sur une expérience partagée. Les femmes rencontrées, elles, apparaissent moins prises dans ces routines, peut-être parce qu’elles ne restent pas aussi longtemps, peut-être aussi parce qu’elles n’ont pas les mêmes réseaux ou la même histoire avec le marché.

Une scène, lors de la troisième visite, m’a particulièrement interrogée. Une femme s’est arrêtée devant un stand de pantalons. Elle a touché un article du bout des doigts, comme pour en tester la matière, puis s’est interrompue lorsqu’un groupe de trois hommes est passé derrière elle en discutant. Ce n’était pas une interaction directe, mais son geste s’est figé pendant une seconde avant qu’elle ne repose le pantalon et poursuive son chemin. Peut-être ne voulait-elle pas être bousculée. Peut-être n’était-elle plus intéressée par l’article. Peut-être était-ce simplement une coïncidence. Je n’ai aucun moyen d’interpréter avec certitude ce mouvement minime, mais sa répétition   sous d’autres formes, chez d’autres femmes   fait naître des questions auxquelles je n’ai pas encore trouvé de réponse.

La question de l’horaire a aussi attiré mon attention. Mes trois visites ont été effectuées l’après-midi, à des moments où le marché est déjà largement installé. Je ne sais pas comment il se présente tôt le matin, ni s’il se transforme en soirée. J’ignore également si la présence féminine varie selon les jours de la semaine ou les saisons. Peut-être que le samedi, jour de forte affluence, la dynamique se renverse. Peut-être que certaines vendeuses n’apparaissent qu’entre midi et deux, ou au contraire dès l’ouverture. Ces variations temporelles, que je n’ai pas pu explorer, constituent une limite importante de mon enquête.

Il en va de même pour la dimension relationnelle. Les vendeurs que j’ai interrogés parlaient souvent en « je » : « moi, je pense que… », « pour moi, c’est comme ça… ». Aucun d’eux ne prétendait décrire la totalité des pratiques. Ils s’exprimaient à partir de leur propre expérience, qui n’est pas nécessairement généralisable. Peut-être que d’autres vendeurs auraient proposé des analyses tout à fait différentes. Peut-être qu’une vendeuse installée depuis longtemps aurait donné un éclairage plus affirmé. Peut-être même qu’un habitué du marché, sans y vendre quoi que ce soit, aurait une perception plus transversale de ce qui s’y joue réellement.

La réalité du marché reste donc fragmentaire. Certains éléments se répètent, comme si une logique interne s’instaurait malgré tout : la centralité masculine, la mobilité féminine, la rareté des vendeuses, les micro-stratégies de circulation. Mais ces indices ne suffisent pas à produire un tableau complet. Ils ouvrent plutôt des pistes. Ce que j’ai observé ressemble davantage à un ensemble de couches superposées qu’à une structure linéaire : les routines quotidiennes, les héritages relationnels, les contraintes matérielles, les perceptions individuelles, tout cela coexiste et s’imbrique sans former une vérité unique.

À plusieurs reprises, notamment en fin de journée, j’ai eu le sentiment que certains comportements féminins   des détours, des hésitations minimes, des arrêts très brefs   mériteraient une analyse plus fine, menée sur un temps plus long. Mais je ne peux pas affirmer que ces comportements soient spécifiques au genre. Peut-être relèvent-ils d’un rapport individuel à la foule, à la densité, au mouvement. Peut-être même que, dans d’autres contextes urbains, les hommes adopteraient exactement les mêmes précautions. L’idée que ces micro-gestes puissent avoir plusieurs causes m’empêche de formuler une interprétation définitive.

C’est finalement l’incertitude qui m’apparaît comme la matière la plus féconde de cette enquête. Le marché ne livre pas toutes ses logiques, encore moins en trois visites. Il laisse entrevoir des dynamiques, des régularités, des tensions discrètes, mais aussi une multitude d’angles morts. Je repars avec des questions que mes observations n’ont pas suffi à résoudre : que signifie s’ancrer durablement dans un espace aussi mouvant ? Quelles relations existent entre vendeurs et vendeuses, au-delà des apparences immédiates ? Comment les trajectoires individuelles influencent-elles les manières de se tenir, de se déplacer, de s’installer ? Et surtout : l’organisation du marché est-elle le reflet fidèle de rapports sociaux plus larges, ou bien une configuration propre, liée aux contraintes matérielles et à l’histoire singulière du lieu ?

Ces interrogations restent ouvertes. Elles prolongent l’enquête plutôt qu’elles ne la ferment. Et peut-être est-ce là la forme la plus juste pour rendre compte d’un espace qui, lui-même, ne cesse de se recomposer.

 

Woury Barry


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
wourybarry (10 décembre 2025). Observation de la Porte de Clignancourt : organisation, interactions et répartition genrée de l’espace marchand. Comment voit-on la ville ? Consulté le 16 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15bdm


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