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L’invisible, est-il réel ? Les acteurs de la maintenance et de la réparation dans la société

L’une des premières impressions que j’ai eues en lisant l’article Maintenance & Repair in Science and Technology Studies (2016), de Jérôme Denis, Alessandro Mongili et David Pontille, est que la question de l’entretien et de la réparation est nettement plus profonde et complexe. Cet article nous montre de quelle manière le champ d’étude de la maintenance et de la réparation aborde et reconsidère les opérations invisibles du quotidien tout en poursuivant la discussion en parlant de l’innovation, de la matérialité, et des processus de commande. Pour moi il existe une réelle problématique sociale, qui m’a poussé à discuter la place des acteurs de la maintenance et de la réparation et la manière dont ils sont perçus. La société les rendent-elles invisibles ? Pour quelle raison à travers le métier de la maintenance trouvons-nous une hiérarchie ? 

La maintenance et la réparation, deux définitions

C’est à partir de deux définitions que j’ai dans un premier temps abordé cet article, car, en effet, pour moi, il est intéressant de partir de la définition la plus simple du dictionnaire et de voir de quelle manière, ils peuvent être déconstruits ou renforcés. Ainsi, la maintenance, d’après le dictionnaire Larousse, est un ensemble d’opérations permettant de maintenir ou de rétablir un matériel ou autre dans un état donné ou de lui restituer des caractéristiques de fonctionnement spécifiques. La réparation, d’après le Dictionnaire Larousse, est une action qui sert à rétablir quelque chose d’endommageé. Ces définitions me permettent donc de comprendre que tous deux ont des rôles et des caractéristiques qui peuvent se ressembler, mais qui pour autant sont singuliers. Pour moi, les définitions apportées par le dictionnaire ne représentent pas totalement l’importance de ces derniers et leur rapport avec la société. Mais en quoi la société participe à cette invisibilisation. Un réparateur est essentiel, on s’en rend compte dès lors que l’on a un appareil cassé, il ou elle devient la première personne à laquelle on pense. Le réparateur ou la réparatrice permet notamment d’éviter de tomber dans une matérialisation, et permet de plus faire attention à l’objet, de le considérer comme un « artefact », ce qui pour moi est un enjeux actuel. Je trouve que sur le long terme, cela encourage davantage à prendre soin de ces objets.

Maintenir un objet ou un lieu, un quotidien

Dans un premier temps, ce qui m’a totalement marquée dans l’article de Jérôme Denis, Alessandro Mongili et David Pontille (2016), c’est la volonté de montrer que l’entretien et la maintenance d’un objet ou d’un lieu sont des processus longs et réguliers. C’est-à-dire que ce dernier nécessite un engagement quotidien d’agents employés par des communes, des départements ou des entreprises. Dans un processus de négociations au sein de comité spécialisé chargé d’établir les besoins matériels ou encore physiques. L’un des premiers exemples qui m’est venu en tête lorsque l’on parle d’entretien ou encore de maintenance, c’est la préservation des lieux culturels par des gardiens, agents. En effet, la recherche de pratiques d’entretien est constamment discutée au sein des instances les plus hautes. Le deuxième exemple qui m’est venu en tête était le rôle du gardien d’immeubles qui entretient le bâtiment et qui veille à sa propreté. À partir de ce stade, je me suis arrêté pendant un moment, car, en effet, je trouve troublant de voir que l’exemple du gardien de bâtiments ne me soit venu que dans un second temps. En effet, habitant dans un immeuble, je le croise plus fréquemment que celui qui veille à préserver un lieu culturel. De même le statut du gardien du Louvre par exemple et celui du gardien d’immeuble ne sont pas perçus de la même manière. Ainsi, cela m’a poussé à me demander pourquoi ? Qu’est ce qui me pousse et nous pousse dans la société à les classer ? Avons-nous une hiérarchie au sein même de la maintenance ?

L’invisible dans la société

J’ai pu comprendre dans cet article que les acteurs concernés par la maintenance sont pour la plupart inconnus, voire même rendus invisibles. La question de l’invisibilité est pour moi centrale, c’est la chose principale que j’ai retenue, qui m’a marquée et que je souhaitais souligner. L’invisibilité ? je me suis demandé comment on pouvait utiliser ce nom, pour désigner ce qui fait une personne, car en effet, l’homme et la femme sont faits de chair, de sang, et sont tous deux dotés d’une faculté de raisonnement. Comment pouvait-il être considéré comme invisible tout en étant bien réel ? Et bien, cela est totalement possible, car, en effet, dans la société, il existe une hiérarchies, comme le démontre l’article de Jérôme Denis, Alessandro Mongili et David Pontille (2016).  

Une hiérarchisation dans la maintenance

En effet, ces acteurs de la maintenance sont parfois hiérarchisés entre eux. L’un des exemples qui est pour moi pertinent est celui du gardien du Louvre qui entretient et préserve le lieu. Dans un premier temps, de part le lieu dans lequel il exerce son métier, sa présence reste assez marquée, le Louvre reste l’un des musées les plus visités au monde. Néanmoins, la visibilité du Louvre est-elle suffisante pour rendre visible ceux qui l’entretiennent ? En effet on a un effort, un intérêt qui est porté à la personnalité du gardien du Louvre, comme on peut voir avec la bande dessinée1. Les Gardiens du Louvre de Jiro Taniguchi co-édité par Louvre éditions et Futuropolis paru en 2014, on a ici une visibilité qui est donnée au gardien du Louvre à une échelle internationale. Face à cela, le gardien d’immeuble semble lui réaliser une tâche totalement différente, mais l’est-elle réellement ? Pourquoi avons-nous une hiérarchisation au sein de la maintenance ? Le rôle du gardien de bâtiment est d’entretenir le lieux, et de veiller à la pérennisation de l’infrastructure. Le gardien du Louvre à également pour but de veiller à son entretien. Pour autant on aurait tendance à valoriser l’un par rapport à l’autre, pour des raisons de renommée. 

On parle de « dirty work » , ou de « sale boulot », expressions utilisées pour désigner un accomplissement, une tâche, ou encore une mission que réalise une personne. Cette tâche est pour le moins repoussante, délicate, pénible, ingrate ou encore humiliante. Ces termes ont tous une connotation négative et sont tous vus comme inférieurs, mais par qui ? La société établit des codes et des normes, créant la dévalorisation de ce qu’ils font, en parlant de travail de seconde zone. On a également des acteurs de la réparation qui produisent en permanence une grande quantité d’innovation, mais qui, malheureusement, ne sont pas reconnus comme tels. On a donc des tâches qui sont effectuées dans des lieux de travail qui sont à peine considérés comme honorables ou respectueux. J’ai trouvé qu’il était compliqué de réellement trouver la raison du pourquoi ? Je peux supposer que cela est lié au pouvoir, aux codes et mœurs déjà pré-établis dans la société, ou encore liée à l’argent, ou à quelque chose d’inconscient. Rendons-nous invisibles ces acteurs de la maintenance et leur pratique inconsciemment? Ou n’avons-nous en tant qu’un individu et société, pas fait assez d’efforts pour visibiliser ces métiers? Je n’ai aucune certitude. 

L’invisible nécessaire à nos vies

On comprend rapidement que ces « invisibles » sont nous sont nécessaires. On a donc des emplois qui sont essentiels à la vie quotidienne, mais qui pour autant, de par leur pénibilité ou la répétition des gestes, sont considérés comme inférieurs, de seconde zone. De nombreuses choses sont impossibles sans eux, en effet tout parisien ne pourrait pas vivre à Paris sans les éboueurs, comme on l’a vu durant la grève de 2023. Ou encore le service de l’éducation nationale sans ses sociétés qui emploient des femmes et des hommes de ménages pour nettoyer les salles de classes. 

Pour vous donner un autre exemple, ma mère, qui est une AESH, c’est-à-dire une accompagnante d’élèves en situation de handicap, est également victime de cette invisibilité par la société. Elle exerce un métier dur et honorable qui pour autant n’a pas la reconnaissance qu’ils méritent et reste inconnu. Malgré les nombreux efforts de certains députés pour revaloriser ce métier. La nécessité de ce métier est évidente, mais pour autant, de par le manque de reconnaissance, peu de personnes se dirigent vers cette profession et peu s’intéressent à ce dernier, s’inscrivant dans une invisibilité. 

J’ai trouvé très pertinent le point de vue que les Jérôme Denis, Alessandro Mongili et David Pontille, ont prit dans leur article cela m’a permis de réellement remettre en question notre rapport au personnel d’entretien, notre rôle dans leur invisibilisation, mais également de quelle manière on pouvait avoir une hiérarchisation. Tous ces exemples peuvent nous pousser à revaloriser certains métiers et leur pratique. Pour autant on pourrait davantage approfondir cette question de l’invisibilité, avons nous dans certains cas une invisibilité voulu ou recherché?

Nouria DOUGANI


1 Les Gardiens du Louvre, Jiro Taniguchi, co-édité Louvre éditions et Futuropolis, 2014. 

BIBLIOGRAPHIE :
Denis, Jérôme, et al. “Maintenance & Repair in Science and Technology Studies”. Tecnoscienza – Italian Journal of Science & Technology Studies, vol. 6, no. 2, Jan. 2015, pp. 5-15, doi:10.6092/issn.2038-3460/17251.

Les Sims freeplay, la construction d’une ville prospère : Le reflet complexe de la société occidentale dans l’univers virtuel

 

"les sims inspirés accomplissent plus rapidement les taches et sont susceptible de gagner plus de simflouz/XP"

Le jeu Les Sims FreePlay, héritier d’une franchise de jeux vidéo issue de l’imagination de Will Wright et développée par Maxis, s’est inscrit comme une simulation de vie captivante depuis sa première apparition en 2000. Adaptée aux plateformes mobiles par EA Games et Firemint, cette expérience ludique offre aux joueurs une immersion dans la construction et la gestion de vies virtuelles au sein d’une société simulée « simville ». Au-delà du divertissement, Les Sims FreePlay soulève des questions profondes sur la réalité virtuelle, le capitalisme simulé et les frontières de l’imagination, révélant ainsi un miroir complexe de la société occidentale. 

Avant d’explorer les ramifications sociétales du jeu, plongeons dans les mécanismes plus ou moins complexes qui définissent les Sims FreePlay. Ce jeu, qui offre une apparente liberté dans la création d’avatars personnalisés et dans la construction de villes idéales, impose néanmoins des contraintes structurelles. Après un téléchargement préalable, le joueur accède aux premières étapes de la construction de sa ville idéale. Avec une alliance pour le moins paradoxale entre la liberté de choix de l’utilisateur en ce qui concerne l’apparence de son personnage et en même temps des bornes techniques et visuelles, à la construction et organisation de sa ville. En effet, une fois l’avatar choisi et créer; mais dans le cas des sims il parait plus approprié d’utiliser le terme de personnage; l’utilisateur a la possibilité de lui conférer une véritable identité, en choisissant son patronyme, ses caractéristiques et sa personnalité, qui transparaissent tous dans l’apparence physique. Dès lors le premier personnage peut être excentrique en arborant des tenues pour le moins particulières, ou bien neutres. Puis, à l’aide d’un tutoriel guidant les premiers moments dans le jeu, le joueur débute son aventure dans les sims, on lui indique quand bâtir une nouvelle maison, ou un nouvel édifice.

arrivée du personnage dans le jeu

Pour autant, j’ai pu observer certaines récurrences dans les premiers moments de jeu, par exemple certains édifices doivent être construits à un moment bien précis. Des lieux clés sont introduits de manière préétablie, soulevant des questions sur la véritable liberté de choix du joueur.  Le parc est l’une des premières constructions presque « imposée » au joueur, à un moment bien précis de son aventure, le jeu lui indique « le parc est disponible et prêt à être construit ». D’abord, on construit une première maison, assez modeste avec un seul personnage, puis on accède progressivement à des lieux caractéristiques d’une ville ; tel que la mairie, le lycée, la caserne de pompier et ainsi de suite. À chaque lieu construit s’accompagne un nouveau métier disponible que peuvent exercer un ou plusieurs sims.

Au départ, les tâches sont assez simples « envoyez un sims au parc pour son humeur » ou alors « faites regarder les informations à votre sims pour sa culture générale » et en évoluant dans le jeu, on acquiert de plus en plus de maîtrise et les tâches se compliquent. Par ailleurs, l’accomplissement de tâches génère toujours une forme de récompense; de l’argent par exemple avec les « Simflouz », ou bien des rémunérations moins directes telles que des PMV « point de mode de vie » qui permettent de passer des tâches ou d’accélérer certaines actions, notamment la construction d’un édifice pouvant aller de 2 heures à 24 heures. Enfin le passage d’un niveau à un autre se fait avec des « XP » que l’on obtient à chaque tâche accomplie au même titre que les Simflouz. 

 Les mécanismes des Sims comme reflet de la société occidentale

Au cœur du jeu réside le Simflouz, une monnaie virtuelle dont la valeur croissante est une métaphore subtile du capitalisme. La corrélation entre le niveau du joueur et la valeur de la ville virtuelle interroge sur les fondements du système économique mondial; puisqu’il s’agit tout bonnement du principe du « PIB » (1), qui généralement indique le niveau de développement d’un pays, plus le PIB sera important; par habitant ou non, plus le niveau de développement du pays est actée, par exemple pour les Etats-unis, notons que le chiffre d’affaire de certaines de leurs entreprises ou firmes telles que Target ou Apple, est supérieur au PIB de certains pays d’Afrique ou d’Asie, ce qui indique déjà le niveau de développement du pays. Dans ce jeu il semble que ce soit le même principe, plus nous évoluons en niveau, plus notre ville vaut de l’argent.  enfin, le jeu simplifie l’accès au monde virtuel, en éliminant les compétences techniques requises, et en facilitant la compréhension du fonctionnement.

L’emploi et la construction d’une vie occidentale idéalisée

Les Sims reproduisent les structures sociales occidentales, de la dépendance au travail pour financer un style de vie occidental idéalisé, à la hiérarchie des salaires et des loyers. Cependant, le jeu occulte certains aspects négatifs de la réalité, soulevant des interrogations sur l’impact de cette vision idéalisée sur la perception des joueurs. En effet, dans le jeu, nous percevons un loyer pour chaque maison que nous possédons, de même pour les autres édifices, qui, une fois construit nous rapporte de l’argent à une intervalle pouvant aller de 30 secondes à 24 heures. Dès lors, il est notable que tous les aspects négatifs de la vie réelle sont occultée, le jeu offre une vision relativement simpliste de la vie, avec des phrases telles que  « pas le temps de dormir ? Achetez une machine à café » ou alors le fait que les sims dits « inspiré » sont plus productifs. Par « inspirés » on entend ceux dont tous les besoins ont été remplis, ils peuvent donc gagner plus d’argent. 

L’immersion virtuelle dévoilée : regards croisés entre ‘Black Mirror Bandersnatch’ et Les Sims 

La série “Black Mirror” propose une vision dystopique de la réalité virtuelle, soulignant les dangers potentiels d’une immersion totale dans un monde virtuel. Dans l’une de ses dernières saison, intitulée « bandersnatch » nous suivons l’histoire d’un personnage qui rêve de devenir concepteur de jeux video, mais plus nous avançons dans le visionnage plus nous constatons que le rôle qui nous est attribué n’est pas seulement celui de spectateur, mais également celui de scénaristes. Ainsi à des moments clés de la série, des choix s’offrent à nous, « tuer » ou ne pas tuer, choisir telle ou telle marque de céréales, cela va de la plus insignifiante des décisions, à la plus importante, et tant que nous n’avons pas étudier tous les scénarios, nous sommes condamnés à vivre encore et encore les mêmes moments. Dès lors cette saison, montre un aspect bien effrayant du monde virtuel, celui dans lequel un être humain, un acteur devient un avatar pour des spectateurs, les rôles sont inversés, nous avons donc un humain qui se substitue à un avatar. C’est ce même aspect simpliste qui semble presque effrayant dans les sims, le joueur choisi telle ou telle action et la réalise en 20 min ou 1 heure, la seule différence étant l’absence de conséquences dans l’un. La comparaison avec Les Sims met en lumière la délicate frontière entre l’utopie et la dystopie dans les univers virtuels, car nous pouvons voir qu’il est bien facile de basculer dans ces aspects, à condition de porter un autre regard que le regard passif du joueur. J’ai joué à ce jeu durant toute mon enfance, et c’est dans le cadre de cet exercice que je me suis mise à réfléchir sur les sens et métaphores cachées du jeu, la majorité de ces éléments sont des choses que j’avais déjà constatée depuis bien longtemps, sans jamais m’interroger sur des potentiels sens cachés. En outre, Black Mirror: Bandersnatch et “Les Sims” offrent des perspectives distinctes sur les mondes virtuels tout en partageant des similitudes intrigantes. Dans “Bandersnatch”, la série explore la dystopie de la réalité virtuelle en soulignant les risques liés à une immersion totale, où les spectateurs deviennent non seulement des observateurs mais aussi des scénaristes. Les choix cruciaux présentés aux spectateurs, allant de décisions triviales à des dilemmes moraux, créent une expérience interactive unique.

Cette dynamique d’interaction et de choix rappelle étrangement l’expérience du joueur dans “Les Sims”. Dans le jeu, le joueur assume le rôle de créateur et de maître de la vie virtuelle, prenant des décisions qui influent sur le destin des avatars. Cependant, contrairement à “Bandersnatch”, les actions du joueur dans “Les Sims” ne portent généralement pas de conséquences graves, soulignant une différence essentielle. Les deux œuvres explorent la notion troublante où l’humain devient l’avatar, inversant les rôles traditionnels. Tandis que “Bandersnatch” plonge les spectateurs dans une spirale de choix menant à des répétitions cauchemardesques, “Les Sims” offre une version plus légère, mais tout aussi intrigante, où les actions du joueur façonnent la vie virtuelle sans conséquences graves.

“Les Sims” met en avant la capacité du joueur à façonner sa réalité virtuelle sans les lourdes répercussions explorées par la série. Il s’agit là d’une des caractéristiques propre au jeu, puisque comme nous avons pu le relever, il n’y a jamais de conséquences graves aux actions et choix, et toute action peut être annulée par une autre, si nous faisons le choix d’instaurer une relation d’hostilité entre deux sims, en les faisant « se battre » ou « s’insulter », nous pouvons annuler les effets de ces choix, avec d’autres choix tels que « se réconcilier » ou « devenir amis », rien n’est définitif dans les sims.

L’organisation politique

Bien que présente, l’organisation politique des Sims est simplifiée. Les choix politiques et la construction de l’identité virtuelle soulèvent des questions sur la représentation et la reproduction de la réalité dans le monde virtuel. En effet, la question politique n’est présente que de façon indirecte ou très discrète dans ce jeu, par des symboles notamment, nous pouvons construire une mairie, et nos sims peuvent y travailler; devenir politicien; mais c’est toujours de façon secondaire. J’entend par là que ce n’est pas ce qui est le plus mis en avant dans le jeu. En Outre, les sims peuvent travailler dans tous les édifices qui sont déjà construits, être pompier, danseur, athlète ou acteur; mais j’ai pu constater une certaine hiérarchie des métiers dans ce jeu, certains paraissent plus prestigieux que d’autre, puisque le joueur à la possibilité d’accompagner son personnage au travail, mais c’est uniquement disponible pour certains métiers, tels que acteurs, ou policier, tandis que pour d’autres métiers, cette caractéristique est occultée.

Les Sims : Construire le bonheur, la métaphore du Self-made man dans un univers virtuel

La métaphore du self-made man (2) dans le jeu Les Sims s’exprime de manière subtile à travers la gestion des besoins des sims. La barre de vie et la satisfaction des besoins deviennent des  indicateurs cruciaux du bonheur de l’avatar, soulignant ainsi un parallèle avec le concept du self-made man. Dans la quête du bonheur virtuel, les joueurs sont appelés à maintenir constamment l’équilibre entre des besoins variés tels que la faim, la propreté, la socialisation et la carrière, créant ainsi une métaphore de la gestion de sa propre vie. La satisfaction de ces besoins devient une condition préalable au bonheur de l’avatar, ce qui évoque la nécessité de l’autosuffisance et de la gestion personnelle, des qualités souvent associées au self-made man, à titre d’exemple, après une longue période d’absence du jeu, lorsque nous revenons, il y a deux possibilités, soit la barre de vie des sims sont extrêmement bas, et dès lors ils peuvent refuser de faire certaines taches par exemple aller au travail, ce qui peut s’apparenter à une forme de dépression du sims; soit dans le cas contraire, il y a une mise à jour automatique, et à notre retour les sims sont « inspirés » c’est-à-dire que tous les besoins de la barre de vie sont complets. Je n’ai pas encore eu la possibilité de découvrir comment cela se faisait. Par ailleurs dans le deuxième cas de figure, nous avons souvent une « récompense » financière qui s’apparente davantage à un « appât » puisque la phrase suivante « vous avez beaucoup manqué à vos sims, voici 100 simflouz pour leur remonter le moral », dès lors le jeu semble partir du principe qu’une compensation financière permet l’atteinte du bonheur des sims, cela pourrait également être un moyen d’inciter le joueur à rester plus longtemps dans le jeu. Dès lors, on serait tout simplement dans un jeu de capture de l’attention et du temps.

Par ailleurs, l’aspect intéressant réside dans les conditions d’accès au jeu et la symbolique du mythe du self-made man qu’elles véhiculent. En début de partie, les joueurs sont souvent confrontés à des défis financiers et doivent progresser étape par étape dans la construction de leur ville virtuelle. Cette progression reflète d’une certaine manière le mythe du self-made man, où l’individu commence avec peu de ressources et doit grimper les échelons de la réussite par ses propres moyens. La réflexion sur la construction progressive de la ville virtuelle offre un regard plus profond sur la notion de réussite dans le jeu. Les joueurs doivent planifier et construire méticuleusement leur environnement virtuel, prenant des décisions stratégiques pour stimuler la croissance économique et sociale de leur ville. Cette construction progressive peut être interprétée comme une métaphore de la construction d’une vie réussie dans le monde réel, où chaque décision et action contribuent à l’édification de son propre chemin vers le succès. Ainsi, Les Sims, par sa gestion détaillée des besoins et sa représentation symbolique du parcours vers la réussite, offre une réflexion nuancée sur le concept du self-made man, tout en suscitant des questionnements sur la portée de cette autonomie dans la réalité. À noter que dans le jeu, il semble y avoir un parallèle entre cette notion, et la nécessaire atteinte du bonheur par les avatars, c’est-à-dire que même si cette notion n’était pas spécialement reliée au bonheur, le jeu semble les mettre en lien, en rendant indispensable un certain état d’esprit des sims pour être productifs et donc pour avoir une réussite professionnelle ou personnelle.

L’art subtil des interactions virtuelles, une mosaïque de relations nuancées

Les interactions sociales dans Les Sims transcendent la simple mécanique de conversation pour offrir des dynamiques relationnelles riches et nuancées. Les interactions sociales semblent jouer un rôle cruciale dans le jeu, permettant de gagner des XP ou même figurant parmi les catégories de la barre de vie permettant à un sims d’être épanoui, l’importance des interactions entre deux avatars ne doit pas être occulté. Lorsque deux Sims engagent une discussion animée, les émotions exprimées, qu’elles soient joyeuses, conflictuelles ou romantiques, influent directement sur le statut de la relation. Par exemple, des échanges humoristiques peuvent renforcer une amitié naissante, tandis que des disputes répétées peuvent détériorer une relation. Les rendez-vous romantiques, avec la possibilité de déclarations passionnées ou de gestes affectueux, déterminent également la trajectoire des relations amoureuses. Ces interactions ne sont pas de simples animations, mais des éléments clés qui façonnent la qualité des relations virtuelles. Ainsi, le réalisme des interactions sociales dans Les Sims réside dans leur capacité à reproduire, avec une finesse surprenante, les subtilités des relations humaines, en rendant chaque interaction significative pour le développement des personnages virtuels.

 

In fine, les Sims FreePlay, bien plus qu’un simple jeu, offre une exploration approfondie des mécanismes sociaux, économiques et culturels qui définissent notre société occidentale. En examinant ces éléments à travers le prisme du jeu, nous sommes confrontés à une réflexion profonde sur la manière dont la réalité virtuelle façonne et reflète notre compréhension du monde réel. Les frontières entre le virtuel et le réel s’estompent, nous invitant à repenser notre propre interaction avec ces univers simulés. Alors que Les Sims FreePlay continue de captiver des millions de joueurs, il demeure un sujet de fascination et d’interrogation quant à la façon dont il révèle les nuances complexes de notre réalité.


NB : toutes les images sont issues du jeu, et sont des captures d’écran de chaque partie.

1 : produit intérieur brut 

2 : Le concept du “self-made man” désigne une personne qui a atteint le succès et la prospérité principalement par ses propres efforts, souvent en surmontant des obstacles ou en partant de rien. Un self-made man est donc quelqu’un qui s’est élevé socialement ou financièrement par son propre travail acharné, sa persévérance, et son initiative personnelle, sans dépendre significativement de l’aide extérieure, de la chance ou de l’héritage. Ce terme est souvent utilisé pour décrire une réussite individuelle basée sur la volonté, la détermination, et l’autonomie.

L’influence du graffiti dans nos sociétés

La méthodologie adoptée dans le cadre de la production de cet article est principalement qualitative et inductive. Cette recherche s’appuie sur une méthode d’observation participante par ethnographie. Les auteurs sont à la rencontre des travailleurs et observent leurs comportements, ainsi que les effets du travail de maintenance sur l’espace urbain. C’est pourquoi, ils vont suivre deux interventions différentes : la première est dans un réservoir d’eau et l’autre sur l’effacement de graffitis.

Concernant le rapport avec notre exercice d’observation du cimetière Père Lachaise, ce texte nous permet de voir l’importance des « travailleurs invisibles» qui permettent de maintenir l’espace urbain en « bon état ». Il faut que l’esthétique soit « propre » (comme nous le verrons plus tard dans cet article) puisque l’espace public est fragile et encore plus dans un cimetière.

Pour notre exercice, nous pouvons mettre en lumière les techniciens du cimetière Père Lachaise qui contribuent à conserver et à entretenir la mémoire de nos ancêtres et du lieu, par un travail de maintenance. Le travail de ces individus demeure important et « transparent »1. Nous pourrions ajouter à cela, les travaux de P.-Y. Gomez (économiste) qui montre que le travail est devenu « invisible ». C’est-à-dire qu’il n’y aurait pas uniquement ces individus qui seraient « invisibles », mais l’ensemble des corps de métier à cause des progrès technologiques (télé-travail, Internet, etc). Tous contribuent au fonctionnement de la société2.

Dès lors, leur existence peut majoritairement se traduire par les résultats de leurs efforts au travail. L’article nous apprend aussi que ces personnes sont méprisées et généralement composées de femmes, qui participent à la maintenance. Ce travail de maintenance permet d’éviter d’avoir des pannes ou divers problèmes dans l’espace urbain. « La maintenance est une affaire quotidienne ».

En conséquence, ce travail peut prendre un rôle, voir un aspect politique comme nous le verrons dans la suite de cet article. Cette nécessité de maintenance permet de sauvegarder la mémoire dans un cimetière et de ne pas oublier le passé. Elle consiste à conserver la mémoire, mais aussi à entretenir d’autres matériaux tels que : la voie publique, la restauration de châteaux faisant partie du patrimoine français, la restauration de lieu saint, etc.

Ensuite, nous prendrons l’exemple de l’effacement des graffitis pour le comparer à mon observation de la ville. Nous essaierons de comprendre :

Pourquoi est-il interdit de faire des graffitis en France, sur le territoire français ? Comment sont-ils contrôlés ? Quel est l’intérêt d’avoir recours à de tels agissements ? Comment la ville s’organise t’elle pour rendre l’espace public «propre » ? Quelle est la place de la maintenance dans la ville et pourquoi ? Les graffitis, ont-ils une importance dans notre société ? Nous répondrons à ces questions dans la suite de l’article.

Brève présentation de l’arrivée des graffitis en France à Paris

Depuis le début des années 80 à Paris, le gouvernement municipal des graffitis est poussé par un seul objectif. Ce but est d’harmoniser l’esthétique urbaine et que les pouvoirs publics contrôlent l’aspect des espaces qu’ils gouvernent. Pour ce faire, ils vont développer différents problèmes publics qui vont s’incarner dans différents secteurs d’action publique et qui vont amener à mettre en oeuvre différents dispositifs. Le premier est celui de l’effacement des graffitis, qui a été mis en oeuvre à Paris à partir de 1999 de manière systématique sur tout le territoire parisien3.

Cela permet de développer une « esthétique du propre »4, c’est-à-dire que l’on créer l’image d’un espace parisien propre. C’est un idéal typique, presque utopique où le fait consiste à créer un espace modèle situé dans un quartier plutôt aisé ; dans lequel il n’y a aucune souillure, pas même un graffiti. Cette notion du propre est assez difficile pour les acteurs de la propreté et donc ceux de maintenance. Il en est de même pour l’étendre sur tout le territoire parisien. Dès lors, les graffitis vont être contrôlés autrement. On va tolérer dans différents espaces, à certains moments, des graffitis ou bien encore plusieurs auteurs de graffitis. C’est pourquoi, parfois, la ville va promouvoir des artistes par une commande d’art public ou par des fresques temporaire. En conséquence, on pourra parler de «Street art » dans certains quartiers de Paris. Ainsi, c’est une partie de l’esthétique populairedes graffitis qui est valorisée, et donc mise en scène dans les quartiers populaires de Paris pour produire une esthétique propre à ces quartiers et toujours maîtrisée par les pouvoirs publics. Enfin, on perçoit l’émergence d’un but commun et central, qui est de contrôler, et même de maîtriser l’esthétique des espaces publics qui soutient la mise en administration des graffitis à Paris depuis le début des années 80.

Mais alors, qu’est-ce qui peut motiver les citoyens à vouloir tagger les murs des villes ? Comment les citoyens sont-ils amenés à faire cet acte de vandalisme ? Comment la ville s’organise t’elle face aux graffitis ? Comment pouvons-nous illustrer le rôle primordial de la maintenance de l’effacement des graffitis dans une ville ? Pour y répondre, nous prendrons l’exemple de plusieurs pays comme la Tunisie, l’Italie et la France.

Tout d’abord, entre le 4 et le 14 janvier 2011, la fin du régime autoritaire du président de la République Ben Ali se caractérise par une révolution en Tunisie. Ce soulèvement du peuple, se manifeste dans les rues et sur les réseaux sociaux. C’est un pays où la censure est omniprésente. Les plateformes comme YouTube et Dailymotion sont interdites, ainsi que la prise de photographie qui est mise sous un contrôle permanent.

C’est pourquoi, les Tunisiens ont utilisé un moyen de communication évident et élémentaire qui est l’écriture sur les murs. Très rapidement, les murs de Tunis se sont couverts de graffitis.

Dès lors, un tag a émergé : « Murs blancs peuple muet ! ».       

       

Un fait que nous pouvons comparer aux travaux de « Susan Leigh Star pour les « voix réduites au silence » (…) (Star, 1991) » qui ont été cité dans le texte. Lorsque tous les moyens de communication sont verrouillés, ou bien qu’ils n’en existent pas, il est nécessaire de trouver d’autres supports, et n’importe lequel : sol, mur en béton, façade, panneaux, etc. Dès lors, on se retrouve dans une situation que les hommes ont connue pendant des siècles : sans télévision, sans journaux, sans téléphone, sans ordinateur. À Tunis, les raisons de la contestation étaient politiques. Le pouvoir en place était critiqué et le peuple exigeait des élections démocratique via des messages et des graffitis anti-gouvernementaux. Par conséquent, Magdi El Shafee (un romancier graphique égyptien) présentait le « graff » comme le « Ministère de la propagande révolutionnaire ».

Le 10 avril et 24 avril 2022 ont eu lieu les élections présidentielles en France. Ainsi, des affiches et des slogans ont décoré nos villes. Comme à chaque élection présidentielle, cela suscite des réactions chez les citoyens qui utilisent aussi les murs. Il y a donc une sorte de « guerre des affiches » (photo ci-dessous).

En revanche, l’utilisation de graffiti comme moyen de rébellion ou de promotion du pouvoir d’élite, remonte à très longtemps. Le terme graffiti, se définit comme « une inscription ou dessin, de caractère souvent satirique ou caricatural, tracé dans l’Antiquité sur des objets ou des monuments »5. On peut donc oublier les ruelles de New York, le métro Berlinois, ou le quartier de Belleville à Paris, car le graffiti remonte jusqu’à l’Antiquité. Oui, l’Antiquité !

Ainsi, nous pouvons parler de Pompéi au VIIIè-VIIè siècle av. J.-C, où chaque année, des campagnes électorales pour élire des magistrats ont lieu. D’ailleurs, toute la ville se mobilisait pour cet événement.

Mais alors, que pouvons-nous trouver à Pompéi au VIIIè-VIIè siècle av. J.-C ?

Des affiches et des fresques6. Environ 11 000 affiches/fresques7, un chiffre qu’il faudrait revoir puisque certaines d’entre-elles ne concernaient que les campagnes électorales. Ces affiches étaient en réalité des inscriptions peintes sur les bâtiments en lettre colorées. Tous les ans, ils recommençaient et c’est pourquoi nous pouvons y voir des superpositions. Ces affiches qu’on appelle plutôt des « dipinti »8 (on peut aussi dire « dipinti italiani »), servaient à soutenir la candidature d’un représentant comme à notre époque. Les messages véhiculés se composent de différentes façons : provocation, glorification, promotion, critique, dénonciation, etc. Donc, il y avait déjà la présence de graffitis dans leur société9.

Que faut-il pour être candidat à l’époque, au 1er siècle avant notre ère ?

De la richesse et de la notoriété. Ils ne sont élus que pour leurs qualités morales ou leur honnêteté. Les murs de Pompéi sont recouverts des qualités de celui qui se présente. Donc, l’élection à la romaine se fait sur un nom et non pas un programme. Au final, tout est affaire de confiance contrairement à aujourd’hui. Par conséquent, bien avant les Tunisiens, les Romains avaient fait de la rue, un lieu stratégique pour se faire entendre. Tout simplement parce que c’est un lieu où tous les habitants vont s’y rencontrer.

De la même façon que les murs de Pompéi, on servit d’outils de propagande politique ou de simple support de communication des habitants. Aujourd’hui, les murs de nos villes modernes se couvrent de messages avec toujours cette dichotomie entre information officiel et critique de « l’information » sous la forme de tags.

Les dirigeants romains laissaient les murs des édifices publics à la disposition des habitants, car la propagande devait être diffusée. En l’absence de radio, de Twitter, ou autre support numérique, vous l’aurez compris, c’est toute la ville qu’on laissait libre comme support à l’expression. Donc le graffiti permet aussi de sauvegarder la mémoire. Les chercheurs ont pu en découvrir davantage sur ces civilisations grâce aux graffitis qui conservent leurs « mémoires », leur existence. Le graffiti est un moyen de marquer l’instant présent, une période, une époque et donc une forme de civilisation, permettant ainsi de conserver leur « mémoire ».

En revanche, à notre époque, écrire sur les murs est une pratique contrôlée qui peut être délictuelle (acte de vandalisme)10. Cela constitue, un acte de révolte, même infime, face aux affiches de propagande des pouvoirs actuels. C’est pourquoi la ville a un rôle important dans la maintenance de ses espaces publics. Il est nécessaire de les entretenir afin d’éviter la potentielle émergence d’un désordre ou d’un chaos.

Après avoir rappelé le cas de la Tunisie, et celui d’une époque antérieure comme celle de Pompéi, on constate que les murs ont toujours été un moyen d’expression privilégié. En effet, on peut encore le constater avec des attentats terroristes en France où beaucoup de personnes ont spontanément exprimé leurs sentiments à l’aide de craies sur les façades et les trottoirs. Si on en croit le premier slogan que j’ai pu mentionner précédemment « murs blancs peuple muet ! ». Cela voudrait dire que nous sommes muets la plupart du temps et qu’il ne faut pas avoir peur de s’exprimer.

Enfin, il me semble en fait que nos graffitis ont été en partie dématérialisés à cause de l’arrivé d’Internet et du numérique. Bien évidemment, certains graffeurs continuent d’orner les murs de nos villes. En revanche, pour ce qui est de la majorité des gens, il faut dire qu’on écrit plus automatiquement sur un mur en rentrant de soirée comme le faisait Lucius, il y a bientôt 2000 ans, mais on poste plutôt un petit commentaire sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, YouTube, story Instagram, etc.). D’ailleurs, ce n’est pas anodin que l’on nomme encore cela des murs.

Ouverture 

Avec l’arrivé de la numérisation, certains artistes n’iront plus tagger dans les villes, mais chez eux, ou bien encore, en ligne. D’autre préférerons toujours produire leurs graffs dans la réalité et non dans le virtuel. De plus, l’émergence de l’IA (intelligence artificielle) permet de générer des images à partir d’un texte (Dall-E-2). Cette technologie pourrait faire disparaître l’art produit par l’homme et donc de potentiellement diminuer les graffitis dans les villes. En effet, il ne suffira plus que de parler à l’IA pour générer une « oeuvre ». Néanmoins, je pense que beaucoup préféreront rester dans le traditionnel où c’est un homme qui produira l’oeuvre. Enfin, si cette technologie se perfectionne, elle pourrait au contraire éveiller la colère de ces individus et donc de provoquer un soulèvement de colère qui fera apparaître une multitude de graffs dans les villes pour protester contre cette technologie.

Sources  :
1 Mauz, I. & Granjou, C. (2011). Rendre visibles les « travailleurs invisibles »: Vers de nouveaux collectifs de travail en écologie. Terrains & travaux, 18, 121-139. https://doi.org/10.3917/ tt.018.0121
2 Pierre-Yves Gomez : Le travail invisible. – Titre de l’ouvrage : « Enquête sur une disparition ». Processus de disparition du travail.
3 https://hal-mines-paristech.archives-ouvertes.fr/hal-01922560 pp10.
4 VASLIN Julie (2017), Esthétique propre. La mise en administration des graffitis à Paris de 1977 à 2017, Thèse de nouveau régime, Université Lyon 2.
5 https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/graffiti/37763
6 https://www.grandpalais.fr/fr/article/fresques-et-graffitis-au-temps-de-pompei 7 https://www.drip-in.com/fr/art-urbain/graffiti/
8 https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01597317/document
9 https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire/on-a-retrouve-des-graffitis-a-pompei-datant- de-lantiquite
10 https://graffitivre.tumblr.com


Denis J., Pontille D. (2020), « Maintenance et attention à la fragilité », SociologieS [En ligne], Dossiers, mis en ligne le 20 mai 2020, consulté le 20 septembre 2022.